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10 000 Enseignants expatriés au Canada:   Les Auditeurs libres veulent combler le vide

Face à l’exode massif d’Enseignants vers l’Occident, les diplômés Auditeurs libres des Ecoles normales supérieures (Ens) et Ecole normale supérieure d’enseignement technique (Enset) appellent Paul Biya à les intégrer à la Fonction publique.

Alors que le système éducatif vacille sous le poids d’une pénurie aiguë d’Enseignants, un chiffre fait froid dans le dos: plus de 10 000 Enseignants camerounais se sont installés au Canada ces dernières années. Ce phénomène d’exode massif, documenté par plusieurs listes publiées par le

(Minsec), met à nu une crise structurelle qui menace la qualité de l’enseignement dans les établissements publics, notamment dans les zones rurales.

À cette hémorragie s’ajoutent les 4 556 révocations et licenciements d’Agents publics, dont une majorité d’Enseignants, entre décembre 2024 et mars 2025. Le déficit est tel que dans de nombreux lycées et collèges, des classes entières restent sans Enseignants pendant des semaines. Des matières clés comme les mathématiques, la physique, l’anglais ou les sciences industrielles sont désormais assurées de manière sporadique, voire pas du tout.

Mêmes Enseignants et mêmes exigences académiques

Dans ce contexte alarmant, les diplômés Auditeurs libres des Écoles normales supérieures (Ens) et des Écoles normales supérieures de l’enseignement technique (Enset) montent au créneau. Formés sans statut officiel depuis la suspension des concours d’entrée en 2023, ces jeunes ont suivi les mêmes programmes, avec les mêmes Enseignants et les mêmes exigences académiques que leurs pairs réguliers. Mais à la différence de ces derniers, ils ne bénéficient d’aucune garantie d’intégration dans la Fonction publique. « Nous avons intégralement et chèrement financé notre formation, démontrant ainsi notre motivation exceptionnelle, notre résilience et notre profond désir de servir la nation », écrivent-ils dans une lettre adressée à Paul Biya.

Leur démarche s’inscrit dans le cadre de la Circulaire Nº 22-03108/L/Minesup-Minfopra du 19 mai 2022, qui a dissocié la formation de l’intégration automatique dans la Fonction publique. Pour ces jeunes, l’heure est à la reconnaissance. « Nous sommes aujourd’hui des Enseignants et des Conseillers d’orientation compétents, dotés d’une formation reconnue et prêts à servir », affirment-ils. Leur intégration immédiate permettrait de combler les vides criards dans les établissements scolaires, sans attendre les deux à trois années nécessaires à la formation de nouveaux Enseignants via les concours classiques.

Les établissements en quête de Professeurs

Le collectif des Auditeurs libres ne réclame pas une faveur, mais une réponse pragmatique à une urgence nationale. Leur insertion s’inscrirait dans le cadre du « plan spécial de promotion de l’emploi jeunes » porté par le Chef de l’État. « Forts de votre légendaire magnanimité, nous vous serons infiniment reconnaissants des mesures que vous prendrez pour notre insertion dans la Fonction publique », concluent-ils dans leur lettre.

Alors que le Cameroun célèbre la Journée internationale des droits de l’enfant, leur appel résonne comme un cri de justice sociale. Dans les salles de classe désertées, dans les villages oubliés, dans les établissements en quête de Professeurs, leur présence pourrait faire toute la différence. Le pays peut-il encore se permettre de les ignorer?

Ange Pouamoun

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