
Le gouvernement engage une concertation interministérielle pour réviser la grille salariale des Personnels d’appui des universités d’État, dans un contexte de revalorisation du Smig.
La salle des conférences du Centre national de supervision du Ric et du développement du numérique universitaire a servi jeudi dernier, 11 décembre 2025, de cadre aux 9e assises de la concertation interministérielle sur la situation salariale des Personnels d’appui des universités d’État.Cette rencontre stratégique, présidée par le Pr. Wilfred Nyongbet Gabsà, Secrétaire général du ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup), représentant personnel du Ministre d’État, Minesup, a réuni autour de la table les représentants du Mintss, du Minfi, de la Cnps, du Synapauc, des Vice-Chancellors et des Délégués des Personnels concernés.

Au cœur des échanges, la réactualisation de la grille salariale des Personnels d’appui, en conformité avec le relèvement du Salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig), tel que prescrit par le décret présidentiel du 24 juillet 2014. Ce processus, amorcé depuis 2023, vise à corriger les disparités salariales et à répondre aux revendications sociales longtemps exprimées par les syndicats. Dans son discours d’ouverture, le Pr. Nyongbet Gabsà a souligné que « cette concertation traduit la volonté du gouvernement de bâtir un dialogue social constructif et durable, dans le respect des Très Hautes Instructions de Son Excellence Paul Biya, Président de la République ». Il a également salué « l’engagement constant du Chef de la Division de la Promotion du Dialogue et de la Solidarité Universitaires, dont le travail méthodique a permis de faire avancer ce dossier complexe ».
Ampleur de l’effort budgétaire attendu
Le Dpdsu a présenté les documents de travail, révélant deux chiffres clés: un montant de 6 531 765 126 FCFA correspondant aux arriérés de salaires dus à la revalorisation du Smig, et une incidence financière de 853 607 969 FCFA liée à l’application harmonisée de la nouvelle grille salariale, arrêtée au 31 janvier 2024. Ces chiffres traduisent l’ampleur de l’effort budgétaire attendu de l’État, dans un contexte économique marqué par des tensions sur les finances publiques. Le Synapauc, par la voix de son Président, a exprimé « le souhait que les doléances des Personnels d’appui bénéficient enfin d’une attention républicaine, à la hauteur de leur contribution au bon fonctionnement de l’Enseignement supérieur ». Une déclaration qui a trouvé un écho favorable auprès des autres participants, tous unanimes à saluer « la diligence du Ministre d’État dans l’exécution des Très Hautes Instructions du Chef de l’État, sous la supervision du Premier Ministre ».

Cette concertation s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme du secteur public au Cameroun, où la question du pouvoir d’achat des Agents de l’État reste un enjeu majeur. Selon les données du Minepat, le Smig a été relevé à 62.000 FCFA en 2023, après une décennie de stagnation. Une mesure saluée par les partenaires sociaux, mais dont l’application effective dans les secteurs parapublics et universitaires reste inégale.
Alors que le pays fait face à des défis budgétaires croissants, cette initiative pourrait marquer un tournant dans la reconnaissance du rôle des Personnels d’appui, souvent relégués au second plan. Elle pourrait aussi servir de modèle pour d’autres secteurs en attente de revalorization des salaires, dans un contexte où le dialogue social devient un levier essentiel de stabilité.
Ange Pouamoun



