
Face à la prolifération des formations numériques et au débat récurrent entre diplômes et compétences pratiques, le Directeur des Affaires académiques de l’Université Ict apporte une réponse claire. Pour cet Enseignant du numérique, seule une formation exigeante, fondée sur la rigueur académique, l’ouverture internationale et la pratique professionnelle, peut garantir une insertion durable des jeunes dans l’économie numérique.
Le numérique est présenté comme la solution miracle à l’emploi des jeunes. Sur le terrain, forme-t-on réellement des compétences ou produit-on surtout des diplômés numériques sans valeur ajoutée ?
Le numérique représente une opportunité majeure pour l’emploi des jeunes, à condition d’être abordé avec sérieux. De nombreuses institutions camerounaises et africaines forment aujourd’hui des Ingénieurs et experts capables de s’imposer à l’international. Le diplôme n’est pas un simple document administratif ; il atteste d’une rigueur intellectuelle, d’une méthode de travail et d’une capacité d’apprentissage durable, des qualités décisives sur le marché de l’emploi.
Les programmes enseignés en informatique, data, cybersécurité ou IA sont-ils alignés sur les standards actuels du marché numérique mondial ?
Les formations numériques africaines ont profondément évolué. Intelligence artificielle, cybersécurité, cloud computing et partenariats internationaux sont désormais intégrés dans de nombreux cursus. Les co-diplômations et campus internationaux assurent un alignement avec les normes mondiales. Les diplômes africains gagnent ainsi en reconnaissance et ouvrent l’accès aux grandes entreprises technologiques et à l’entrepreneuriat.
Dans le numérique, les recruteurs privilégient souvent les compétences pratiques aux diplômes. Les universités camerounaises l’ont-elles réellement intégré dans leurs méthodes pédagogiques ?
Les meilleures formations ont dépassé ce faux débat. Elles combinent des bases théoriques solides avec une forte immersion professionnelle. Stages, projets appliqués, hackathons et incubateurs intégrés permettent de former des profils complets. Le diplôme universitaire reste la meilleure garantie d’une compétence évolutive et durable.
Le coût des formations numériques, souvent élevées, ne crée-t-il pas une nouvelle forme de discrimination éducative, excluant une partie des jeunes pourtant talentueux ?
Le coût doit être analysé comme un investissement stratégique. Les universités publiques offrent une formation de qualité à coût accessible, tandis que le privé propose bourses et partenariats. Dans un secteur à forte employabilité, un diplôme reconnu se rentabilise rapidement et sécurise une carrière sur le long terme.
Quel conseil pour cette génération encrée dans le numérique ?
La réussite durable repose sur des fondamentaux académiques solides, complétés par la pratique. Les diplômes africains ne sont pas un handicap mais un atout, porteurs de résilience et d’innovation. L’Afrique numérique de demain se construira sur l’excellence, la rigueur et l’audace.
Recueillis par Nancy Ngo Tjeck




