Rédaction des actualités :
INSTITUTIONNEL
A la Une

Relance de l’investissement : L’appel pressant du Gecam pour un gouvernement d’action

Dans un appel solennel au Président Paul Biya, le patronat camerounais réclame une équipe gouvernementale de rupture, capable de restaurer la confiance, relancer l’investissement et affronter les fragilités économiques nationales et internationales.

Réuni à Douala, le 19 janvier 2026, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) a rendu public un appel d’une rare densité politique et économique, signé par son Président Célestin Tawamba. Le Gecam situe clairement son intervention dans la dynamique ouverte par l’élection présidentielle et par le message à la Nation du 31 décembre 2025, au cours duquel le Chef de l’État a annoncé un prochain réaménagement gouvernemental.

Pour le patronat, l’essentiel ne réside pas tant dans les noms que dans la capacité d’action du nouveau gouvernement. « Le véritable enjeu réside dans l’action qu’il sera capable de conduire », souligne le document, insistant sur la nécessité d’une gouvernance « claire et résolument orientée vers le bien être des Camerounais », afin de restaurer la confiance et bâtir une croissance durable.

Diagnostic sévère mais lucide

Le Gecam dresse un diagnostic sévère mais lucide de l’environnement économique. Sur le plan international, il évoque « la persistance des tensions géopolitiques, le durcissement des conditions financières, la volatilité des marchés des matières premières et le ralentissement de la croissance globale ». Ces facteurs, régulièrement mis en avant par les institutions financières internationales comme le Fmi ou la Banque mondiale, pèsent sur les économies africaines fortement dépendantes des exportations et des financements extérieurs.

Au niveau national, malgré des perspectives de croissance jugées globalement positives, le patronat rappelle que le Cameroun reste confronté à des défis structurels lourds qui fragilisent ses équilibres macroéconomiques et limitent la compétitivité de son économie.

Au cœur du plaidoyer du Gecam figure la situation du secteur privé, présenté comme le moteur indispensable de la création de richesse et d’emplois. Les entreprises évoluent, selon le patronat, dans un environnement marqué par « des lourdeurs administratives, une pression fiscale élevée, un accès limité au financement, un déficit énergétique important, une dégradation des infrastructures, des coûts logistiques élevés et une instabilité réglementaire ».

Incertitude prolongée

Autant de contraintes régulièrement relevées dans les classements internationaux sur le climat des affaires. À ces difficultés se sont ajoutées, selon le Gecam, « les séquelles de la période post-électorale », qui continuent d’affecter le moral des opérateurs économiques. « Les entreprises ont besoin de visibilité, de sécurité juridique et de lisibilité dans l’action publique pour pouvoir investir durablement », rappelle l’organisation patronale, dénonçant une incertitude prolongée qui freine l’investissement et la consommation.

Face à ce contexte, le Gecam lance un appel direct au Chef de l’État pour« la mise en place d’un gouvernement de rupture, d’action et de restauration de la confiance ». Le patronat plaide pour une équipe gouvernementale resserrée, orientée vers l’efficacité et attentive aux propositions formulées avant et après la présidentielle, notamment en matière d’amélioration du climat des affaires.

Tout en soulignant les difficultés actuelles, Célestin Tawamba rappelle les atouts du Cameroun « une population jeune et entreprenante, des ressources naturelles abondantes, une position géographique stratégique et un secteur privé résilient ». Mais il avertit que ces atouts resteront inexploités sans réformes.

Ange Pouamoun

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page