
À Yaoundé, le Ministre des Transports a successivement passé en revue les projets structurants soutenus par la Banque mondiale et scellé un accord inédit avec la Communauté urbaine de Kribi sur la météorologie. Deux audiences, une même logique : sécuriser les investissements, améliorer les services et renforcer l’impact du secteur des transports sur l’économie nationale et l’emploi.
Deux rendez-vous institutionnels, deux leviers d’action, un cap assumé. En l’espace de quarante-huit heures, le ministère des Transports a réaffirmé le rôle central de son département dans l’architecture du développement économique, de la mobilité et de la résilience territoriale.
Le 20 janvier 2026, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhè, le Ministre des Transports, a reçu une délégation de la Banque mondiale pour une séance de travail consacrée au suivi des projets financés dans le secteur des transports. Autour de la table, l’ensemble des acteurs techniques et institutionnels impliqués dans la mise en œuvre des programmes en cours.
La rencontre a permis d’évaluer les avancées enregistrées en matière de sécurité routière, notamment à travers le Programme de développement du secteur des transports, le Pacri et les actions de facilitation liées au corridor Douala–N’Djamena. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de consolider les résultats obtenus et d’intensifier les mesures de réduction de l’insécurité routière, enjeu transversal pour l’économie et le monde du travail.

Un point précis a été consacré au Projet régional pour l’amélioration de la performance du corridor rail-route Douala–N’Djamena. Entré en vigueur en juin 2024, le projet avance sur les volets ferroviaires, commerce et transit. Toutefois, le démarrage de certaines activités reste conditionné à l’achèvement des études techniques et des procédures de passation des marchés prévues pour 2026. La Banque mondiale a confirmé son accompagnement pour lever ces contraintes et sécuriser les délais.
Corridors de transport des enjeux directs pour l’emploi et la compétitivité
Au-delà des infrastructures, les échanges ont mis en lumière l’impact des projets de transport sur l’organisation du travail, la fluidité logistique et la compétitivité des entreprises. Le corridor Douala–N’Djamena demeure un axe vital pour le commerce régional, l’emploi portuaire, ferroviaire et routier, ainsi que pour les chaînes d’approvisionnement.
L’audience a permis d’identifier les défis persistants, de renforcer la coordination entre administrations et partenaires techniques, et de fixer une exigence de mise en œuvre rigoureuse. Le ministère des Transports a réaffirmé sa volonté d’assurer une exécution diligente des projets afin d’en maximiser les retombées économiques et sociales.
Météorologie et climat un accord stratégique avec la ville de Kribi
Deux jours plus tard, le 22 janvier 2026, le ministre des Transports (Mint) a signé un accord-cadre avec la Communauté urbaine de Kribi. Ce partenariat porte sur la promotion, la collecte et l’échange des données météorologiques et climatologiques, dans un contexte marqué par l’intensification des phénomènes climatiques.

L’accord couvre la réalisation de projets météorologiques, le traitement et la diffusion de l’information, le renforcement des capacités du personnel communal et la sensibilisation aux risques climatiques. La station météorologique de Kribi a récemment été équipée de dispositifs modernes permettant un suivi en temps réel des conditions atmosphériques.
À travers cet engagement, le ministère accompagne les collectivités territoriales décentralisées dans l’anticipation et la gestion des catastrophes naturelles, avec des effets directs sur la sécurité des activités économiques, portuaires, touristiques et artisanales. Après Douala et Bafoussam, Kribi rejoint ainsi un réseau stratégique de villes intégrant la donnée climatique dans la décision publique.
Qu’il s’agisse de corridors de transport ou de données météorologiques, le message est clair : le développement ne se décrète pas, il se structure. En consolidant ses partenariats techniques et institutionnels, le Cameroun pose les bases d’un secteur des transports plus performant, au service de l’économie, de l’emploi et de la résilience des territoires. Un chantier où chaque projet compte et où chaque retard a un coût.
Nancy Ngo Tjeck



