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G-Laurentine Assiga, Présidente du Comité d’organisation de la Cmpc-gpfm : « Nous renforçons la dimension internationale et immersive de l’évènement cette année »

En prélude à la Coupe du monde de la presse culturelle baptisée Grand prix francophilie des médias (Cmpc-gpfm), sa présidente tient à édifier sur les contours de la 7e édition qui a lieu du 13 au 19 juillet 2026.

D’où vous est venue l’idée de créer la Coupe du monde de la presse culturelle, baptisée Grand prix francophilie des médias ?

L’idée est née d’un silence. Un silence autour de celles et ceux qui racontent la culture, qui la documentent, la transmettent et la protègent. J’ai longtemps observé que le journalisme culturel, pourtant essentiel à la mémoire et à l’identité des peuples, restait marginalisé dans les grands récits médiatiques mondiaux. La Coupe du monde de la presse culturelle (Cmpc) est née de cette volonté de rompre le silence, de créer un espace mondial où les journalistes culturels seraient enfin reconnus à leur juste valeur.

Quels sont les objectifs visés par la Cmpc?

Depuis sa création, la Cmpc poursuit une mission claire : révéler, légitimer et projeter sur la scène internationale les talents médiatiques du monde entier. Il ne s’agit pas uniquement de primer des œuvres, mais de transformer des parcours. Les lauréats bénéficient de mobilités professionnelles, de séjours immersifs au sein de médias internationaux, d’une visibilité accrue et d’une reconnaissance institutionnelle qui impacte durablement leur carrière. C’est un outil de soft power culturel, un levier de diplomatie et un accélérateur de trajectoires professionnelles.

Pour l’édition 2026, le thème est : “Gastronomie traditionnelle, connexion des peuples”. Pourquoi ce choix ?

Parce que la gastronomie est l’un des langages universels les plus puissants. Elle raconte les peuples avant même qu’ils ne parlent. À travers les recettes, les gestes, les produits et les rites alimentaires, on lit l’histoire des migrations, des échanges, des résistances et des métissages. Ce thème invite les journalistes à dépasser la chronique culinaire pour explorer les dimensions culturelles, identitaires, sociales et même géopolitiques de l’alimentation. Dans un monde fragmenté, la gastronomie traditionnelle nous rappelle que nous sommes profondément connectés.

Nous sommes à la 7ᵉ édition de la Cmpc. Y a-t-il des innovations majeures prévues ?

Oui, cette 7ᵉ édition marque une étape importante. Nous renforçons la dimension internationale et immersive de l’événement, avec davantage de partenariats, de résidences professionnelles et d’échanges transcontinentaux. Nous intégrons aussi de nouveaux formats narratifs et numériques, tout en conservant une exigence éditoriale élevée. Cette édition affirme plus que jamais le caractère mondial de la Coupe : qu’un lauréat soit camerounais, sénégalais, chinois, belge, arabe ou latino-américain, il bénéficie des mêmes opportunités de projection internationale.

Parlez-nous des candidats. Quels sont les critères de sélection et les types de travaux attendus ?

Les candidats viennent de tous les continents. Ce sont des journalistes, reporters, critiques culturels, producteurs de contenus éditoriaux. Les critères reposent sur la qualité journalistique, la profondeur de l’analyse, l’originalité du regard et l’impact culturel du travail présenté. Les productions peuvent être écrites, audiovisuelles ou numériques, mais elles doivent dialoguer de manière forte avec le thème de l’édition. Le thème n’est jamais décoratif : il est au cœur de la réflexion et de la création.

Parlez-nous de la qualité du jury ?

Le jury est l’un des piliers de la crédibilité de la Cmpc. Il est composé de journalistes de renommée internationale, d’universitaires, d’experts culturels et d’acteurs majeurs des industries créatives et médiatiques. Sa diversité géographique et disciplinaire garantit une évaluation juste, exigeante et décentrée. Ici, les œuvres sont jugées selon des standards d’excellence partagés, au-delà des frontières culturelles.

En plus d’être une compétition, la Coupe du monde de la presse culturelle se présente aussi comme un festival. Quelles sont les activités prévues cette année ?

La Coupe du monde de la presse culturelle est effectivement un festival à part entière, pensé comme un espace de circulation et de mobilité des artistes. L’événement contribue activement à la mobilité artistique à travers l’organisation de showcases exclusifs dans plusieurs disciplines : mode, concours de beauté, musique, danse, cinéma, humour, conte. Ces showcases sont de véritables plateformes professionnelles, favorisant des rencontres exclusives entre artistes et professionnels de l’information culturelle venus du monde entier. Ce sont souvent des moments décisifs, où naissent des collaborations, des invitations et des opportunités de diffusion internationale. La cérémonie d’ouverture est un temps fort symbolique : un grand bouquet culturel durant lequel une aire culturelle du Cameroun, les pays à l’honneur et l’ensemble des pays participants sont mis en lumière. Ce moment culmine avec le lancer de la Colombe de la paix, symbole universel de dialogue, de fraternité et de la vocation profondément humaniste de la Coupe du monde de la presse culturelle.

Que diriez-vous du journalisme culturel à ceux qui découvrent cette spécialité ?

Je leur dirais que le journalisme culturel est un journalisme de profondeur et de responsabilité. Il raconte ce que les sociétés sont, ce qu’elles ont été et ce qu’elles aspirent à devenir. Il préserve la mémoire, éclaire le présent et ouvre des futurs. Dans un monde dominé par l’instantanéité, le journalisme culturel prend le temps. Et c’est précisément pour cela qu’il est indispensable. La Coupe du monde de la presse culturelle continue de grandir, parfois dans le silence, mais toujours avec la certitude que la culture, lorsqu’elle est racontée avec exigence, peut rassembler le monde. Je me réjouis aujourd’hui de l’impact de notre événement dans le monde. Les Etats posent un nouveau regard sur les journalistes culturels. Ceux qui candidatent à l’événement sont considérés comme des ambassadeurs de leur pays. Comme pour les sportifs allant défendre leur nation à la Coupe du monde de football, ils bénéficient de la même considération. A leur retour au pays, ils sont célébrés dignement en cas de victoire. Le 10 janvier dernier, le Président de la République du Niger a reçu le Vice-champion du monde de presse culturelle Sanda Nakale et la Championne du monde de presse radio, Amina Dioffo. Quelques mois auparavant les autorités sénégalaises recevaient la Championne du monde Fatou Diouf de Walf Tv. Ce ne sont que des exemples. Ici au Cameroun, les autorités et les autorités diplomatiques accordent autant des audiences. Vous comprenez donc qu’exercer comme journaliste culturel donne une plus-value stratégique.

Interview réalisée par Laurentin Alima

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