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Fête de la Jeunesse 2026 : Les promesses d’insertion professionnelle de Paul Biya

À l’occasion de la 60e édition de la Fête de la Jeunesse, le Président de la République recentre son message sur l’emploi, la formation et l’entrepreneuriat comme réponses au chômage persistant des jeunes. Les réactions des jeunes.

Rien de surprenant ! Le discours du Président de la République à l’occasion de la 60e édition de la Fête de la Jeunesse, le 10 février 2026, une fois encore met en avant les préoccupations sociales et professionnelles des jeunes. Paul Biya reconnait la gravité de la situation que traverse une grande partie de cette population. « Elles concernent vos difficultés, vos frustrations, vos peurs et vos angoisses, mais également vos espoirs, vos attentes et vos légitimes aspirations », déclare -t-il d’entrée de jeu.

Dans un contexte marqué par un chômage structurel et un sous-emploi massif, notamment chez les jeunes diplômés, le Chef de l’État veut rassurer sur l’engagement des pouvoirs publics. « Je n’ai jamais cessé, et je ne cesserai jamais, de me soucier de vous », insiste-t-il, affirmant que l’action gouvernementale vise désormais des réponses concrètes et mesurables.

Le Président de la République fait clairement de l’insertion professionnelle une priorité de son nouveau mandat.« Votre insertion dans le marché du travail sera l’un des principaux chantiers de ce septennat », annonce-t-il. Cette orientation s’appuie sur le Plan spécial de promotion de l’emploi des jeunes, récemment dévoilé par le gouvernement.

Ce programme comprend plusieurs mécanismes incitatifs, notamment les exemptions fiscales pour les entreprises qui recrutent des jeunes diplômés, la dotation de 50 milliards de FCFA inscrite dans la loi de finances pour soutenir l’entrepreneuriat, ainsi que le renforcement du Fonds national de l’emploi (Fne). À cela s’ajoutent les travaux publics à Haute intensité de main d’œuvre (Himo), destinés à offrir des opportunités immédiates d’insertion professionnelle. « Tous ces efforts sont un début de concrétisation des engagements que j’ai pris récemment à votre égard », souligne le Chef de l’État, appelant la jeunesse à la persévérance et à la confiance en ses capacités.

Former pour créer des opportunités

Au-delà des emplois salariés, Paul Biya met l’accent sur la formation comme levier essentiel du développement. « Mon objectif est d’offrir au plus grand nombre d’entre vous, la possibilité d’accéder à une formation de qualité, vous permettant non seulement de trouver des emplois, mais également d’en créer », déclare-t-il, alors.

Le Président rappelle que les recrutements dans le secteur public et privé ne suffiront pas à résorber durablement le chômage. Il encourage ainsi l’esprit d’entreprise chez les jeunes et promis un encadrement plus structuré des initiatives entrepreneuriales. Il salue ceux qui s’illustrent déjà dans la transformation agricole, la construction, les services et le numérique, des secteurs reconnus par les analyses économiques nationales comme porteurs de croissance. « Chaque jour qui passe, vous vous illustrez avec audace et compétence dans tous les secteurs de la vie de la nation », affirme-t-il, rendant hommage aux jeunes du secteur informel qui contribuent à l’économie réelle.

Le discours présidentiel ouvre également la perspective d’une plus grande implication des jeunes dans la gestion des affaires publiques. Paul Biya évoque le renouvellement des dirigeants des sociétés d’État, la formation du prochain gouvernement et les prochaines élections comme autant d’opportunités pour une montée en responsabilité de la jeunesse.

Cette ouverture s’accompagne d’un appel ferme au civisme. « L’avenir de notre cher et beau pays repose entre vos mains », rappelle-t-il encore, exhortant les jeunes à tourner le dos à la délinquance, à l’abus d’alcool, à l’usage des stupéfiants et aux dérives liées aux réseaux sociaux. Il interpelle également les parents et les éducateurs sur leur rôle dans la protection des jeunes, notamment des jeunes filles souvent victimes de harcèlement et d’abus.

Le Chef de l’État réitère son engagement à créer « les conditions les plus favorables à votre épanouissement », à travers des réformes de l’administration publique et une lutte renforcée contre la corruption et les détournements de deniers publics. Il salue la maturité et la contribution de la jeunesse à l’édification nationale. « Je vous engage à continuer d’œuvrer à la préservation de nos précieux acquis que sont la paix, l’unité nationale et la stabilité de nos institutions », déclare-t-il, donnant à la Fête de la Jeunesse 2026 un ton résolument tourné vers l’emploi, l’entrepreneuriat et l’avenir professionnel des jeunes Camerounais.

Ange Pouamoun

Aminatou, Juriste : « Quand il parle de nos peurs, nos frustrations et nos espoirs, je me reconnais… »

J’ai écouté le discours du Chef de l’État avec attention, comme beaucoup de jeunes en ce 60ᵉ anniversaire de la Fête de la Jeunesse. Quand il parle de nos peurs, de nos frustrations et de nos espoirs, je me reconnais. Oui, nous sommes nombreux à nous battre chaque jour entre diplômes en poche et portes closes. Nous sommes nombreux à chercher notre place dans une économie qui ne nous attend pas toujours.

J’ai entendu les annonces : 50 milliards pour l’entrepreneuriat des jeunes, des exonérations pour les entreprises qui recrutent, un soutien accru au Fonds national de l’emploi, l’intégration dans les travaux à haute intensité de main-d’œuvre. Sur le papier, ces mesures peuvent changer des trajectoires. Elles peuvent transformer des idées en entreprises, des stages en emplois, des initiatives isolées en projets viables. Mais notre génération attend plus que des promesses ; nous attendons l’effectivité, la transparence et l’accès équitable à ces opportunités.

Je retiens aussi l’appel à la responsabilité. Il est vrai que l’avenir du Cameroun repose sur nous. Mais pour être responsables, nous avons besoin d’un environnement qui nous permette d’agir ; une formation adaptée au marché, un accompagnement réel, des financements accessibles sans barrières invisibles. Nous ne demandons pas des privilèges, nous demandons des chances.

Quand le Président affirme qu’il n’y a pas de petit métier, cela parle à tous ceux qui survivent dans l’informel, qui vendent, qui innovent, qui créent sans reconnaissance officielle. Cette parole valorise des millions d’efforts silencieux. Mais elle doit s’accompagner d’une meilleure structuration de ce secteur, pour que le travail rime avec protection et progression.

Nous, jeunes Camerounais, sommes prêts à prendre des responsabilités, dans les entreprises comme dans la gestion publique. Nous voulons participer, décider, construire. La jeunesse n’est pas seulement une force électorale, elle est une force économique et sociale. Si les engagements annoncés deviennent réalité, alors cette 60ᵉ Fête de la Jeunesse marquera un tournant. Sinon, elle restera un rendez-vous de plus avec nos attentes.

Engnegue Bayemi, Sociologue : « Le père de la Nation tient un discours davantage spéculatif que concret. »

J’estime que le Père de la Nation tient un discours davantage spéculatif que concret. Il annonce régulièrement des recrutements et des financements destinés aux jeunes. Pourtant, sur le terrain, la grande majorité de la jeunesse ne ressent pas réellement les effets de ces mesures. Les recrutements et appuis financiers souvent proclamés restent peu perceptibles dans la vie quotidienne des jeunes. Il existe donc un décalage manifeste entre les annonces présidentielles et la réalité observée.

Par ailleurs, sur le plan statistique, le taux de chômage continue d’augmenter, ce qui soulève de sérieuses interrogations quant à l’efficacité des politiques mises en œuvre.

Le Président encourage fortement l’auto-emploi et oriente les jeunes vers l’entrepreneuriat. Toutefois, cette orientation se heurte à de nombreuses difficultés pratiques. Les procédures de création d’entreprise demeurent lourdes et complexes. À cela s’ajoutent des contraintes administratives et des charges fiscales qui constituent de véritables obstacles pour de nombreux jeunes porteurs de projets.

En définitive, entre les ambitions affichées et les réalités du terrain, un écart persiste, nourrissant frustration et incompréhension au sein de la jeunesse.

Recueillis par Nancy Ngo Tjeck

 

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