
Face à un déficit structurel de 270 000 tonnes de poisson, le gouvernement camerounais intensifie sa politique de substitution aux importations. La formation de trente Experts aux techniques de production et de fabrication locale d’aliments marque une étape clé du Plan intégré 2024-2026. Objectif, 450 000 tonnes d’ici 2030.
Le ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales (Minepia) a finalisé, le 1er février 2026 à Yaoundé, un programme de renforcement des capacités techniques pour trente agronomes et professionnels de la pisciculture. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie globale visant à combler un déficit de production nationale estimé à 270 000 tonnes par an.
Avec une demande intérieure avoisinant les 500 000 tonnes, le Cameroun accuse un déséquilibre structurel qui pèse sur la balance commerciale et les réserves de change. L’atelier de formation, soutenu par la Caisse de développement de la pêche maritime, cible la maîtrise des cycles de reproduction artificielle et la gestion optimisée des étangs. L’enjeu est de transformer une filière encore artisanale en un secteur industriel capable d’augmenter l’offre locale de protéines animales.
L’un des principaux freins à l’expansion aquacole réside dans la dépendance aux intrants importés, notamment l’aliment pour poissons. La formation a intégré un volet critique sur la fabrication locale d’aliments, visant à abaisser les charges d’exploitation et à améliorer la rentabilité des fermes. En dotant les ingénieurs de compétences en formulation nutritionnelle et en techniques post-récolte, le gouvernement cherche à renforcer la compétitivité du poisson local face aux produits congelés d’importation.
Objectifs stratégiques à l’horizon 2030
Le Plan intégré agropastoral et de substitution aux importations (Piisah) 2024-2026 définit une trajectoire ambitieuse : porter la production nationale à 450 000 tonnes d’ici 2030. Ce passage à l’échelle réduirait la dépendance extérieure à seulement 3 % des besoins. Cette mutation structurelle, conforme aux orientations de la Stratégie nationale de développement (Snd30), vise une croissance de l’offre de 7,5 % sur la période 2023-2025 pour assurer la sécurité alimentaire et dynamiser l’emploi en milieu rural.
Laurentin Alima
