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revendications des enseignants : Rentrée scolaire 2025 sous menace

Alors que les élèves s’apprêtent à reprendre le chemin des classes, le collectif des organisations des enseignants du Cameroun (Corec) annonce une intensification
de ses actions face à l’inaction gouvernementale, menaçant de paralyser tout le secteur éducatif.

La rentrée scolaire 2025 s’annonce dans un climat social tendu, les Enseignants, regroupés au sein du Collectif des organisations des Enseignants du Cameroun (Corec), ont décidé de passer à une nouvelle phase de contestation. Dans une lettre adressée au Premier ministre le 11 août 2025, les syndicats expliquent que leurs revendications, jugées essentielles pour sauver le système éducatif, n’ont toujours pas reçu de réponses concrètes après plusieurs mois de négociations. Depuis le préavis de grève déposé en mars dernier, le dialogue avec le gouvernement n’a pro- duit que des promesses non tenues et des discussions sans suite. Selon le Corec, les blocages ne sont pas d’ordre tech- nique, mais relèvent d’un « déficit de décision poli- tique » qui maintient le secteur dans un état d’immobilisme. Ce fossé entre les Enseignants et les autorités menace désormais de perturber durablement le fonctionnement des écoles dès le 8 septembre, date de la rentrée scolaire.

revendications vitales et ignorées

Les Enseignants dénoncent depuis des années une crise structurelle dans le secteur éducatif. Au cœur de leurs revendications se trouvent six points jugés non négociables. Parmi eux, la tenue d’un Forum national de l’éducation, promis depuis 2016, est perçue comme une urgence pour refonder un système en déclin. Ce forum, censé réunir les acteurs clés de l’éducation pour repenser les priorités du secteur, n’a jamais été convoqué, malgré des réunions préparatoires au printemps dernier. L’adoption d’un statut spécial pour les Enseignants figure également parmi les priorités.
Bien que validé techniquement par le ministère de la Fonction publique en avril 2025, ce dossier reste bloqué faute d’arbitrage politique, frustrant davantage les syndicats. La situation

des Enseignants du secteur privé est tout aussi préoccupante. Ces Professionnels, soumis à une grille salariale obsolète datant de 1985 et dépourvus de cadre légal, dénoncent leur précarité chronique. La promesse d’une convention collective nationale, censée combler ce vide juridique, n’a pas été tenue. Après trois mois de travaux, la commission mixte paritaire chargée de rédiger cette convention a échoué, laissant la situation inchangée.

Absence de réformes concrètes

Les problèmes s’étendent également aux établissements publics. Les  « Travailleurs des parents », ces Employés précaires sans contrat ni sécurité sociale, jouent un rôle crucial dans le fonctionnement des écoles mais restent ignorés par les autorités. Les animateurs pédagogiques, eux, attendent toujours leur nomination officielle malgré un décret présidentiel signé en 2012. À cela s’ajoute la dette de 616 millions de FCFA que l’Office du baccalauréat du Cameroun (Obc) doit aux enseignants, promesse de paiement restée lettre morte depuis mars 2025.  Le Corec  accuse le gouvernement de mettre en œuvre une « stratégie de l’enlisement», consistant à prolonger les discussions sans jamais prendre de décisions courageuses, ni financières ni politiques. Cette inaction, selon les syndicats, illustre le mépris des autorités envers un secteur pourtant érigé comme priorité nationale dans la Loi d’Orientation de l’éducation. « Nous ne pouvons rester passifs face à la dégradation d’un système qui hypothèque l’avenir de la nation », martèle le collectif. Cette crise survient alors que le Cameroun aspire à atteindre les objectifs de sa Stratégie nationale de développement 2030, qui place le capital hu- main au cœur de sa vision. Mais l’absence de réformes concrètes compromet la capacité du système éducatif à former des citoyens compétents et responsables. En juin dernier, un boycott orchestré par les Enseignants pour dénoncer les retards de paiement et les scandales de fuites d’épreuves n’a reçu aucune réponse structurelle, renforçant la méfiance des syndicats envers les autorités.
Alors que les élèves s’apprêtent à reprendre les classes, le Corec avertit que des grèves massives et des manifestations risquent de compromettre le bon déroulement de l’an- née scolaire. Si aucune mesure concrète n’est prise rapidement, le spectre d’une paralysie totale plane sur le secteur éducatif camerounais. Les syndicats, déterminés à se faire entendre, rappellent que la responsabilité de cette situation incombera au gouverne- ment, accusé de négliger un domaine crucial pour l’avenir de toute la nation.

 

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