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Présidentielle 2025 : Des confédérations syndicales interpellent les candidats

Au travers d’un mémorandum, les principales centrales syndicales du Cameroun formulent leurs attentes à l’intention des 12 candidats à la prochaine présidentielle ; à la lumière d’un état des lieux du monde du travail qu’elles jugent très préoccupant.

Les Travailleurs n’entendent plus servir de faire-valoir dans la définition des politiques publiques au Cameroun. Ils entendent au contraire y prendre une part active et leur porte-parole, les confédérations syndicales les plus représentatives du Cameroun dont la Confédération syndicale des Travailleurs du Cameroun (Cstc) d’Abraham Baboulé, l’Union générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc) d’Isaac Bissala, la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac) de Joseph Mikou,  la Confédération des syndicats indépendants du Cameroun (Csic) de Ndzana Olongo, et la Cameroon confederation of worker trade union (Ccwtu) de Flaubert Moussole, viennent de le faire savoir en adressant un important mémorandum aux 12 candidats à la Présidentielle 2025.

Il s’agit des attentes clairement exprimées de ces organisations des Travailleurs, à la veille de la présidentielle et articulées sur 04 axes majeurs dont l’amélioration des conditions de travail et du pouvoir d’achat avec (axe 1) ; la politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle (axe 2) ; la politique nationale de la protection sociale (axe 3) ; et le dialogue social (axe 4).

Axe 1

En ce qui concerne l’axe 1 sur les conditions de travail et du pouvoir d’achat avec, les Travailleurs exigent entre autres, l’augmentation du salaire minimum interprofessionnel garanti (Smig) et son indexation sur le coût de la vie ; la lutte contre la précarisation du travail, les contrats abusifs, déséquilibrés ainsi que la sous-traitance ; la mise sur pied d’une politique nationale du travail (Pnt) et de son plan d’action opérationnel ; le respect strict des normes de santé et sécurité au travail ; la réforme de la fiscalité sociale en la rendant plus équitable, en allégeant le fardeau fiscal des travailleurs par la suppression de l’Irpp sur l’indemnité de fin de carrière ; le retour dans le giron du portefeuille de l’Etat de toutes les entreprises stratégiques privatisées ou celles dont la gestion est mise en concession comme Camrail, Eneo et autres ;  la mise en place d’une politique volontariste concrètes pour stabiliser les prix des produits de première nécessité et lutter contre l’inflation et la spéculation.

Axe 2

L’axe 2 circonscrit la politique nationale de l’emploi (Pne) et de la Formation professionnelle autour du développement durable et de la lutte contre la pauvreté, avec pour objectifs principaux de conforter et sécuriser les emplois privés existants et améliorer les performances dans les emplois publics ; améliorer l’offre de la main d’œuvre grâce à une meilleure formation et qualification adaptées aux besoin de l’économie ; favoriser les conditions de travail dans les différents domaines de l’emploi dans les secteurs formels informel et rural ; instaurer dans toutes les entreprises privées comme publiques, la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (Gpec), comme outil de création d’emplois ; instaurer la gestion des emplois et des compétences territoriales au niveau de la décentralisation pour aider les communes à se développer ; créer des emplois durables et décents ; investir massivement dans la formation professionnelle et l’apprentissage ; promouvoir l’entreprenariat et le développement des Pme ; renforcer l’enseignement technique et la formation professionnelle pour répondre aux besoin du marché de l’emploi ; industrialiser stratégiquement le pays en priorisant les secteurs créateurs d’emplois durables ; intégrer le dialogue direct et sincère avec les confédérations syndicales les plus représentatives dans l’élaboration  des politiques économiques et de développement ; mettre un accent particulier pour la formation des  jeunes et des femmes ; prendre des mesures efficaces et durables afin de migrer le secteur informel vers le secteur formel.

Axe 2

L’axe 3 sur la politique nationale de protection sociale insiste sur l’extension du champ d’application personnel (élargissement de la couverture sociale à toutes les catégories de la population) ;  l’extension du champ d’application matériel (élargissement des domaines des prestations sociales) ; le développement de l’aide sociale et le renforcement de l’action sociale (assistance aux personnes du 3e âge) ; le développement de la mutualité et autres organisations basées sur la solidarité ; l’accès équitable et égalitaire aux services sociaux de base (les minima).

Pour ce faire les masses laborieuses demandent l’aboutissement de la réforme de la sécurité sociale dont le projet de loi portant cadre général de la sécurité sociale au Cameroun et les projets de décrets portant organisation et fonctionnement de la Caisse nationale des Personnels de l’Etat (Cnpe) ;  la Caisse nationale assurance maladie (Cnam) ; et la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) qui remplace l’actuelle Cnps, dans le strict respect de l’organisation et du fonctionnement des organismes de sécurité sociale arrêtés par la Conférence interafricaine de prévoyance sociale en abrégé Cipres, validé depuis le 05 Février 2009 par la commission nationale consultative du travail (Cntc), mais qui n’a jamais été soumis au parlement pour examen et adoption ; l’harmonisation du taux de remplacement du salaire de 2% par année d’assurance dans le calcul et le paiement des pensions dans le secteur public et le paiement des pensions dans le secteurs public et privé en vigueur seulement pour les salariés fonctionnaires ; le retour à l’orthodoxie avant janvier 2026, de la gestion des pensions par répartition respectée depuis 1974 jusqu’au 15 février 2016, mais violée depuis le 15 février 2016 du fait de l’application injuste du décret No 2016/072 ayant fait passer le plafond des cotisations et du calcul de l’ensemble des pensions de 300 0000 à 750 000 FCFA, selon la rémunération mensuelle moyenne (Rmm) de chaque assuré social et le Smig qui permet de recalculer le montant mensuel des petites pensions ; l’arrimage de la gestion de la sécurité sociale du Cameroun au socle juridique de la Cipres adopté le 12 décembre 2019 ; l’organisation d’un audit des méthodes de gestion de la Cnps aux fins de plus de transparence et de prédictibilité des opérations de révision, tant des revalorisations des taux, assiettes de cotisations que des pensions servies ; et enfin, la remise de la gestion de la Cnps aux seuls cotisants que sont les employeurs et les travailleurs conformément au socle juridique de la Cipres applicables aux organismes de prévoyance sociale (Ops) des pays membres.

Axe 4

Enfin, quant à l’axe 4 sur le dialogue social, les Travailleuses et les Travailleurs demandent le respect de la liberté syndicale, du droit syndical et de la négociation collective ; la mise en place d’un mécanisme consensuel et efficace de règlement des conflits sociaux ; le renforcement du rôle des institutions du dialogue social ; l’instauration d’un véritable dialogue social tripartite, régulier et contraignant, entre le Gouvernement, le patronat et les syndicats ; le respect du droit de grève, tel que reconnu par la Constitution et les conventions de l’Oit ratifiées par le Cameroun ; de même, nous attendons et encourageons la ratification de beaucoup d’autres conventions, notamment la 102 de l’Oit en vigueur depuis 1955, utiles et indispensables à l’amélioration des conditions de travail et de vie des masses laborieuses.

Pour conclure, les confédérations signataires du mémorandum restent ouvertes au dialogue.

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