Harcèlement sexuel et licenciement abusif L’ambassade des Usa condamnée au Tgi de Yaoundé
Le Tribunal de grande instance de Yaoundé a donné raison à Julius Banka, ancien employé de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, licencié après avoir dénoncé des faits d’harcèlement sexuel.
Après sept années d’une bataille judiciaire semée d’embûches, Julius Banka a obtenu gain de cause. Le 8 septembre, le Tribunal de grande instance de Yaoundé a condamné l’ambassade des États-Unis au Cameroun pour licenciement abusif.
Tout commence en 2017, lorsque Julius Banka, alors Directeur de l’entrepôt de l’ambassade, affirme avoir été victime de harcèlement sexuel de la part de Will McIlwain, Officier adjoint des services généraux. « Il m’a accosté, a tenté de me toucher et m’a proposé d’entamer une relation. Après avoir rejeté ses avances, il m’a rendu la vie difficile au travail », confie l’ex-employé.
En mai 2018, Julius Banka saisit l’exécutif et le service des ressources humaines de l’ambassade. Mais ses plaintes restent lettre morte. Le 14 juin 2018, il est licencié pour des raisons officiellement liées à sa sécurité. Sa carte d’accès et sa certification sont immédiatement retirées. Pour lui, ce départ forcé constitue une sanction déguisée, destinée à le faire taire.
Employé exemplaire pendant dix ans, titulaire d’un dossier disciplinaire vierge et lauréat de plus de trente distinctions, dont la plus récente en 2017, Julius Banka n’a cessé de revendiquer ses droits. Il a saisi l’Inspection du travail du Mfoundi qui a dressé un procès-verbal de non-conciliation, ouvrant la voie à un procès marqué par des lenteurs procédurales, des intimidations et l’invocation répétée de l’immunité diplomatique. Malgré ces obstacles, son équipe d’Avocats, Maîtres James F. Epo et Bouba Souleymanou, a persévéré.
Le tribunal a finalement reconnu le caractère abusif du licenciement et a condamné l’ambassade. Pour Julius Banka, ce jugement est « un nouveau départ », après des années d’incertitude, de souffrance morale et de chômage forcé. Au-delà de son cas personnel, cette décision envoie un signal fort : les droits des Employés doivent être respectés, même dans le cadre sensible des relations diplomatiques.
Ange Pouamoun



