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Abraham Baboulé : « Nous évaluons tous les jours à travers les problèmes qui naissent dans les entreprises »

Former ne suffit pas. Encore faut-il s’assurer que ce qui a été appris est appliqué, corrigé, consolidé. C’est toute la philosophie de la Confédération Syndicale des Travailleurs du Cameroun (CSTC), qui ne mesure pas l’efficacité de ses formations aux applaudissements de fin de session, mais aux problèmes concrets qui remontent chaque jour des entreprises. Une exigence de terrain que la Confédération a mis en pratique le 19 mars 2026 à Douala, en réunissant les délégués du personnel du Littoral pour le premier atelier d’un cycle national de formation. Entretien avec Abraham Baboulé, Président de la CSTC.

Vous organisez ce 19 mars 2026 un atelier de formation destiné aux Délégués du Personnel de la région du Littoral, élus le 13 janvier dernier. Pourquoi la CSTC a-t-elle jugé urgent de les former si tôt après leur élection ?

La formation est l’une des cinq fonctions essentielles d’un syndicat, et la CSTC s’y tient pleinement. Dès lors que les Délégués du Personnel ont été élus le 13 janvier 2026, il nous a semblé indispensable de leur donner rapidement les outils nécessaires à l’exercice de leur mission. Certains d’entre eux siègent pour la toute première fois dans une délégation du Personnel : ils ignorent encore l’étendue de leurs attributions. Cette formation est donc là pour combler ce déficit et leur permettre d’être immédiatement opérationnels au sein de leurs entreprises.

Au-delà des Délégués du Personnel, vous avez également prévu un volet spécifique pour les responsables syndicaux. Qu’est-ce qui justifie cette double cible ?

C’est une nécessité que nous ne pouvons plus différer. Les syndicats sont aujourd’hui fragilisés par un problème générationnel : les salariés qui adhéraient naturellement au mouvement syndical partent à la retraite, et les jeunes qui les remplacent n’ont parfois jamais entendu parler du syndicat. Si nous ne faisons rien, les organisations syndicales vont se vider de leur substance.

Or, la première ressource d’un syndicat, ce sont les cotisations de ses membres. Sans membres, pas d’autonomie financière ; sans autonomie financière, pas d’action syndicale crédible. Nous avons donc intégré au programme un module consacré à la sensibilisation et au recrutement syndical, pour que nos responsables de base disposent des arguments et des méthodes pour aller convaincre les jeunes Travailleurs.

Une formation sans suivi peut rester lettre morte. Quels mécanismes la CSTC met-elle en place pour s’assurer que ces acquis seront effectivement appliqués sur le terrain ?

Le suivi fait partie intégrante de notre démarche. Le mandat des Délégués étant de deux ans, nous les reconvoquerons à mi-parcours pour une session d’évaluation. Mais le suivi ne se limite pas à ces rendez-vous formels : nous l’exerçons au quotidien, à travers le traitement des conflits et des problèmes qui remontent des entreprises. Lorsqu’un différend révèle qu’un Délégué n’a pas su mobiliser ce qu’il a appris, nous en tirons les conséquences pédagogiques et nous corrigeons.

Douala ouvre donc un cycle national de formations. Quel est le calendrier prévu pour les autres régions ?

Après Douala, nous nous rendrons à Garoua, puis à Bertoua, Yaoundé, Bafoussam, et nous prévoyons également d’aller à Bamenda. Le calendrier est élaboré en concertation avec les responsables régionaux locaux, ce qui explique que Garoua ne soit pas notre prochain arrêt immédiat : le Président régional était en pèlerinage à La Mecque et nous attendons son retour pour fixer la date. C’est cette coordination avec le terrain qui garantit l’efficacité de nos tournées.

Recueillis par A. Mballa

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