Arriérés de salaires : 20 000 Employés de Cdc perçoivent 35,75 milliards de FCFA
Le gouvernement camerounais a soldé l’intégralité des arriérés de salaires dus aux Employés de la Cameroon development corporation (Cdc), marquant une avancée majeure dans la relance de l’un des piliers de l’économie nationale.
C’est une annonce qui résonne comme une délivrance pour plus de 20 000 familles camerounaises. Le 15 septembre 2025, le Ministre des Finances (Minfi) Louis Paul Motaze, a confirmé l’apurement total des arriérés de salaires dus aux Employés de la Cameroon development corporation (Cdc), pour un montant global de 35,75 milliards FCFA. Cette dette, accumulée entre 2018 et 2022, pesait lourdement sur le climat social et la santé financière de l’entreprise publique, deuxième Employeur du pays après l’État.
L’opération a été rendue possible grâce à un montage financier structuré en deux tranches, impliquant un pool bancaire composé de Société générale Cameroun, Cca-Bank et Afg-Bank Cameroun, avec SG Capital et Fedhen Capital en qualité de co-arrangeurs. La première tranche de 20 milliards de FCFA a été versée fin 2024, suivie d’un second décaissement de 15,75 milliards en 2025. L’État s’est engagé à rembourser ces établissements sur une période de cinq ans, dans le respect des plafonds définis par la Loi de Finances.
La Cdc, fleuron agro-industriel spécialisé dans la production de bananes, d’huile de palme et de caoutchouc, a vu sa situation se dégrader dès 2016, victime collatérale de la crise sécuritaire dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Entre 2019 et 2023, l’entreprise a enregistré des pertes cumulées de 70 milliards de FCFA et réduit ses effectifs de plus d’un tiers. En 2024, grâce à une série d’interventions étatiques, dont l’annulation de 24,14 milliards de FCFA de dettes sociales envers la Cnps et la conversion de 14 milliards de dettes fiscales en actions, la Cdc a renoué avec la rentabilité, affichant un résultat net de 45,41 milliards de FCFA.
Malgré cette embellie, les défis restent considérables. Moins de la moitié des plantations sont actuellement exploitées, et l’insécurité persistante freine la reprise complète des activités. Le gouvernement affirme inscrire cette initiative dans une stratégie globale de restructuration et de modernisation de la Cdc, visant à renforcer sa résilience et sa contribution à l’économie nationale.
Ce règlement historique ne se limite pas à un simple paiement. Il symbolise une volonté politique forte de restaurer la dignité des Travailleurs, de stabiliser les régions en crise et de repositionner la Cdc comme acteur stratégique du développement agricole au Cameroun. Pour les milliers d’Employés concernés, c’est une victoire sociale et une lueur d’espoir après des années d’incertitude.
Ange Pouamoun




