
Réunis ce mardi 3 mars 2026 au siège de Cameroun entreprises développement (Ced) à Yaoundé, partenaires institutionnels et techniques ont lancé officiellement un appel à manifestation d’intérêt destiné à former, accompagner et financer de jeunes entrepreneurs urbains.
Plus de 60 % de la population camerounaise a moins de 25 ans et où le chômage urbain touche particulièrement les 18–35 ans, dans ce contexte, le projet d’autonomisation et d’employabilité des jeunes, porté par Cameroun entreprises développement (Ced) en partenariat avec l’Institut européen de coopération et de développement (Iecd) s’inscrit comme une réponse structurée à un défi national. Les données de la Banque mondiale et de l’Institut national de la statistique (Ins) confirment que l’insertion professionnelle demeure l’un des principaux freins à la stabilité sociale et à la croissance inclusive au Cameroun. Beaucoup de jeunes diplômés ou déscolarisés peinent à accéder à des opportunités économiques viables, tandis que les initiatives entrepreneuriales échouent souvent faute d’accompagnement, de compétences managériales et d’accès au financement. Le projet lancé à Yaoundé et Douala entend rompre ce cycle par un dispositif intégré combinant formation, mentorat et appui financier.
350 jeunes ciblés pour un parcours d’autonomisation
Le programme prévoit la mobilisation d’au moins 350 jeunes à travers un appel à manifestation d’intérêt diffusé sur les plateformes du Ced et de l’Iecd. Parmi eux, 200 seront sélectionnés pour une formation complète à l’entrepreneuriat, tandis que 100 porteurs de projets à fort potentiel bénéficieront d’un accompagnement renforcé incluant appui technique, mentorat et financement.
Au-delà de la création d’activités génératrices de revenus, le projet vise également à encourager l’engagement citoyen dans les quartiers ciblés, afin de renforcer la cohésion sociale et la participation des jeunes à la vie locale. Selon les organisateurs, cette initiative s’inscrit dans la dynamique nationale de promotion de l’auto emploi des jeunes, soutenue par plusieurs politiques publiques et programmes internationaux axés sur la formation professionnelle et l’entrepreneuriat urbain. Le projet est financé par l’Ambassade de France au Cameroun à travers le fonds Équipe France, dans le cadre du programme « Mboa Jeunes Créatifs » qui regroupe une quinzaine d’initiatives en faveur de l’insertion des jeunes par des secteurs variés comme le sport, la couture, la mode, la restauration, le tourisme et la mobilité urbaine. « Un programme financé par l’ambassade de France via le fonds Équipe France. Aujourd’hui nous avons eu la chance de pouvoir nous réunir autour du lancement de l’appel à manifestation d’intérêt pour la sélection de jeunes qui ont des projets entrepreneuriaux et le Ced et l’Iecd seront là pour les accompagner techniquement et financièrement tout au long de leur parcours entrepreneurial pour qu’ils puissent s’épanouir dans leur vie professionnelle future », a déclaré Manon Bervas, Cheffe du programme Mboa Jeunes Créatifs.
Elle a ajouté que ce programme global « permet à la jeunesse de Yaoundé et de Douala, donc de moins de 35 ans, de s’épanouir professionnellement et personnellement via l’insertion par le sport, la couture, la mode, la cuisine, la restauration, le tourisme et la mobilité urbaine ».
Des mairies et structures relais au cœur du dispositif
Pour garantir une large participation, les porteurs du projet ont choisi une stratégie de proximité fondée sur les collectivités locales et les structures d’encadrement des jeunes. « L’Iecd a été sollicité pour son expertise dans la formation et l’insertion professionnelle à travers l’accompagnement des entrepreneurs », a expliqué Antoine Bitting, Chef de projet à Cameroun entreprises développement (Ced). Il précise que le déploiement reposera sur un réseau de partenaires de terrain. « L’idée, c’était vraiment de nous appuyer sur des structures relais. Nous avons pensé aux mairies comme parties prenantes, mais aussi au ministère de la Jeunesse à travers ses démembrements, notamment le Cmpj, qui encadrent également les jeunes. Avec une extension en ligne, les jeunes pourront s’identifier, mais nous comptons véritablement nous appuyer sur toutes les associations qui encadrent les jeunes dans les villes de Yaoundé et de Douala », a-t-il souligné.
À travers ce café de presse, les organisateurs ont voulu non seulement présenter le projet, mais aussi mobiliser les acteurs locaux autour d’une vision commune celle de faire de l’entrepreneuriat un véritable levier d’insertion sociale et économique pour la jeunesse camerounaise. En mettant en vitrine des chiffres ambitieux et un partenariat international solide, ce programme entend démontrer que l’avenir de l’emploi des jeunes passe autant par la formation que par la confiance accordée à leur capacité d’innovation et d’engagement citoyen.
Ange Pouamoun




