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Biloa Ndzie Franck Aristide, Informaticien - Président de l'Aprp : « La formation de l’Aprp vise à renforcer les capacités des jeunes engagés dans la gestion des déchets »

Le Président de l’Association pour la réalisation des projets (Aprp) lève le voile sur la campagne de formation en recyclage des déchets ménagers, lancée récemment au bénéfice de jeunes Camerounais.

Pouvez-vous présenter l’Association pour la réalisation des Projets (Aprp) et expliquer la vision qui guide votre engagement dans le recyclage des déchets ménagers ?

L’Aprp est une organisation à but non lucratif qui regroupe des porteurs de projets désireux de concrétiser leurs idées, quel que soit le domaine. Dans le champ du recyclage, notre vision est de bâtir une communauté consciente et responsable, où les déchets sont gérés de manière durable, équitable et participative, afin de garantir un environnement sain et une meilleure qualité de vie pour tous.

Concrètement, que propose la formation au recyclage portée par l’Aprp ; Quelles compétences techniques et professionnelles les apprenants acquièrent-ils ?

La formation de l’Aprp vise à renforcer les capacités des jeunes engagés dans la gestion des déchets. Elle leur permet d’acquérir des compétences en planification, organisation et gestion de projets environnementaux. Les apprenants sont également formés à la communication avec les parties prenantes, communautés, autorités locales et entreprises, à la sensibilisation sur l’importance de l’hygiène et de la salubrité, ainsi qu’aux techniques de collecte et de tri sécurisé des déchets.

Depuis quelques semaines, le Ministre de l’Administration territoriale et la Ministre de l’Habitat et du Développement urbain ont engagé l’opération “Ville propre”. Comment l’Aprp s’inscrit-elle dans cette dynamique nationale ?

L’Aprp s’inscrit dans cette dynamique bien avant le lancement officiel de l’opération “Ville propre”. Depuis plusieurs années, nous menons des actions de terrain pour assainir les quartiers à travers un système de planification communautaire : enregistrement des ménages, immatriculation des domiciles et distribution de supports de sensibilisation sur l’hygiène et la salubrité. Pour nous, la propreté urbaine n’est pas uniquement l’affaire des mairies ou de l’État. Chaque citoyen doit y contribuer activement.

Pensez-vous que les mécanismes et résolutions pris par les pouvoirs publics intègrent suffisamment les acteurs de terrain comme votre association ? Que faudrait-il améliorer ?

Malgré les efforts engagés, les mécanismes actuels intègrent encore insuffisamment les acteurs de terrain. Les associations, qui constituent le socle du développement local et communautaire, ne bénéficient pas d’un accompagnement réel et structuré. Les moyens d’appui n’atteignent pas toujours les cibles, et dans le contexte de la décentralisation, beaucoup d’organisations sont contraintes de fonctionner avec des ressources limitées. Il est nécessaire de renforcer l’accompagnement financier, technique et institutionnel des associations locales.

Le recyclage reste encore peu ancré dans les habitudes. Comment travaillez-vous à sensibiliser les populations, notamment les jeunes, à la gestion responsable des déchets ?

Malgré des moyens limités, l’Aprp multiplie les actions de sensibilisation de proximité. Nous menons des campagnes porte-à-porte, organisons des formations gratuites en collaboration avec les chefferies et les villages, et animons des causeries éducatives dans les établissements scolaires. L’objectif est de faire comprendre l’impact positif d’une bonne gestion des déchets sur la santé, l’environnement et l’économie locale.

Quelles sont les principales difficultés rencontrées sur le terrain ?

Les principales difficultés tiennent aux perceptions négatives autour du recyclage, souvent considéré comme un métier dévalorisant. Beaucoup de ménages refusent encore le tri des déchets et préfèrent les jeter de manière anarchique, faute de zones de dépôt aménagées. Il est donc urgent d’accélérer la décentralisation opérationnelle, de renforcer la collaboration entre collectivités territoriales, associations et communautés, et de doter les jeunes engagés de moyens adéquats, avec des mécanismes de suivi et d’évaluation efficaces.

Pour conclure, quel message adressez-vous aux jeunes Camerounais qui cherchent une voie professionnelle porteuse de sens dans un contexte social difficile ?

Je dirais aux jeunes de s’engager sans attendre. Notre génération doit bâtir, malgré les difficultés, les obstacles et les injustices. Il faut rester positif, ne pas toujours rejeter la faute sur les autres et comprendre que l’on ne travaille pas seulement pour soi, mais pour les générations futures.

Propos recueillis par Nancy Ngo Tjeck

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