
Face aux violences et au chaos économique qui secouent le Cameroun depuis la présidentielle du 12 octobre, le Gecam lance une opération d’évaluation pour sauver les entreprises et restaurer la confiance.
Un pays secoué, une économie à genoux! Depuis la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, le Cameroun traverse une période de turbulences sans précédent. Le Président Paul Biya, réélu avec 53,66 % des voix, fait face à une contestation massive de l’opposition et à une vague de manifestations dans les grandes villes du pays. À Douala, Yaoundé, Garoua et Dschang, les scènes de chaos se sont multipliées. Au moins 20 personnes ont été tuées par balles réelles lors des affrontements avec les forces de sécurité, et des centaines de blessés ont été recensés.
Les conséquences économiques sont immédiates et sévères. L’économie nationale est quasiment au ralenti depuis le 27 octobre. Les entreprises ont fermé leurs portes, les transports sont paralysés, et les chaînes d’approvisionnement sont brisées. Le port de Douala, poumon logistique du pays, est menacé par l’insécurité ambiante. Dans les marchés, les prix des produits de première nécessité ont explosé, plongeant les ménages dans une précarité accrue.
Dans ce climat de crise, le Groupement des entreprises du Cameroun (Gecam) prend les devants. Son Président, Célestin Tawamba, a adressé un message à ses adhérents le 03 novembre dernier. Il y dénonce une situation d’une « gravité exceptionnelle » et évoque des « pertes en vies humaines, de nombreux blessés ainsi que des arrestations ». Il souligne que « plusieurs commerces et unités de production ont, de manière regrettable, été vandalisés, incendiés ou pillés ».
Conscient de l’ampleur des dégâts, le Gecam a lancé une enquête pour évaluer les pertes subies par ses membres et par d’autres entreprises non affiliées. L’objectif est de disposer d’une base factuelle solide pour orienter les actions de plaidoyer et solliciter des soutiens auprès des institutions partenaires. « Cette démarche vise à disposer d’une base factuelle solide, en vue, notamment, de toute action de plaidoyer ou de soutien qui pourrait s’avérer nécessaire », précise Tawamba.
Un formulaire de collecte d’informations sera transmis aux entreprises dans les jours à venir. Le patronat appelle à une mobilisation rapide et rigoureuse pour permettre une consolidation fiable des données.
Dans son message, Célestin Tawamba exprime sa compassion envers les familles endeuillées et sa solidarité envers les entreprises touchées. « En ayant une pensée pieuse pour les victimes, je tiens, au nom du Conseil d’administration, à adresser ma profonde compassion aux familles endeuillées », écrit-il. Et de poursuivre, « plus que jamais, notre union et notre détermination collective seront les garantes de la résilience du secteur privé de notre pays et de la relance de notre économie ».
Ange Pouamoun




