
Au lycée général Leclerc de Yaoundé, une salle de classe intelligente, alimentée à l’énergie solaire et dotée d’outils numériques de pointe, a été inaugurée le 3 mars 2026. Une avancée stratégique pour préparer les élèves aux métiers de demain et ancrer durablement le numérique dans l’enseignement camerounais.
L’école camerounaise vient de franchir un cap. Le 3 mars 2026, dans l’enceinte du Lycée général Leclerc, le Premier Ministre Joseph Dion Ngute a inauguré une salle de classe intelligente de dernière génération, en présence de huit membres du gouvernement, du Président du Commonwealth Enterprise and Investment Council, Jonathan Peter Marland, et du Président de l’entreprise technologique Promethean, le Dr Simon Leung.
Plus qu’un simple équipement, cette infrastructure incarne un basculement ; celui d’un système éducatif qui veut s’aligner sur les standards internationaux et doter ses apprenants de compétences numériques immédiatement valorisables sur le marché du travail.

Une technologie autonome et reproductible
Entièrement alimentée par des panneaux solaires, la salle peut fonctionner sans raccordement au réseau électrique classique. Un détail technique qui change tout dans un pays où certaines zones restent faiblement desservies.
« La salle de classe intelligente a tout. Son électricité est générée par des panneaux solaires. Vous pouvez aller à Mouloundou aujourd’hui et installer cette salle de classe sans qu’il y ait de l’électricité dans l’environnement, et ça va fonctionner », a déclaré le Premier Ministre.

Quatre écrans numériques, des tablettes individuelles, des ordinateurs et des outils audiovisuels composent cet écosystème pédagogique intégré. L’architecture est pensée pour être déployée ailleurs, y compris dans les localités les plus enclavées. Le signal est clair ; la modernité éducative ne doit plus être un privilège urbain.
L’intelligence artificielle entre en classe
La démonstration la plus marquante de la cérémonie fut le tout premier cours dispensé séance tenante : une leçon de Sciences de la vie et de la Terre animée par une intelligence artificielle, sous la supervision d’une enseignante.
Pour les élèves présents, l’expérience a valeur de déclic. Le Proviseur, Fouda Mengue Judith, voit dans cette innovation un levier d’autonomisation des apprenants. « C’est un honneur pour toute la communauté éducative d’avoir la première Smart Classroom. Les élèves peuvent désormais travailler individuellement, sans la présence permanente d’un Enseignant.

L’enjeu dépasse la simple modernisation des supports. Il s’agit d’installer de nouvelles méthodes de travail ; recherche autonome, collaboration à distance, appropriation des technologies émergentes.
Un partenariat à forte portée stratégique
La présence du Commonwealth et de Promethean donne à l’initiative une dimension internationale assumée. Pour le ministère des Enseignements secondaires (Minesec), cette salle pilote matérialise une dynamique plus large de digitalisation et de structuration de l’enseignement à distance.
Dans un contexte où les économies se numérisent à grande vitesse, l’école devient le premier maillon de la chaîne de compétitivité. Former des élèves capables de manipuler des outils digitaux, d’interagir avec des plateformes intelligentes et d’intégrer l’IA dans leurs apprentissages, c’est préparer la main-d’œuvre qualifiée de demain.45

Au-delà de l’effet d’annonce, la salle intelligente du lycée général Leclerc pose une question essentielle : à quelle vitesse le reste du système éducatif suivra-t-il ? Car dans l’économie contemporaine, la maîtrise du numérique n’est plus un avantage comparatif. Elle est devenue la condition même de l’employabilité.
Nancy Ngo Tjeck




