Rédaction des actualités :
FORMATIONS
A la Une

Employabilité des étudiants : Le défi des Ipes

Réunis à Douala sous l’impulsion du Minesup, les promoteurs des Instituts privés d’enseignement supérieur (Ipes) ont engagé une réforme profonde fondée sur la démarche qualité, pour restaurer la crédibilité des diplômes et renforcer l’employabilité des diplômés.

La question de la qualité de la formation dans les Instituts privés d’enseignement supérieur s’est imposée comme un enjeu national. Le vendredi 6 février 2026 à l’Institut universitaire de technologie (Iut) de Douala, la Direction des accréditations universitaires et de la qualité a réuni les promoteurs des Ipes autour d’un objectif clair : faire de la démarche qualité, la clé de voûte du modèle université-entreprise et du concept d’Etudiant-Entrepreneur prôné par le ministère de l’Enseignement supérieur.

Cette rencontre, tenue sur instructions du Ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, le Professeur Jacques Fame Ndongo, s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées depuis plusieurs années pour aligner les formations sur les standards internationaux de qualité académique et professionnelle.

Selon les orientations officielles du Minesup, l’enseignement supérieur doit désormais produire des compétences immédiatement exploitables par le marché du travail et soutenir l’auto emploi des jeunes dans un contexte marqué par la montée du chômage diplômé. Ouvrant les travaux, le Professeur Jacques Etame, Directeur de l’Iut de Douala et Coordonnateur du centre d’examen Bts-Hnd  de Douala, a mis en lumière l’importance d’une formation fondée sur l’action et l’innovation. « La pédagogie par projet n’est plus une option. Elle constitue aujourd’hui un levier stratégique pour rapprocher l’université de l’entreprise et transformer l’étudiant en acteur de sa propre insertion professionnelle », a-t-il déclaré devant les promoteurs des Ipes.

Il a souligné que les pays qui ont réussi la mutation de leur système d’enseignement supérieur sont ceux qui ont misé sur les laboratoires d’innovation, les incubateurs universitaires et les partenariats avec les entreprises locales. Des expériences déjà amorcées au Cameroun à travers les centres de développement de l’entrepreneuriat universitaire et les programmes de professionnalisation soutenus par le Minesup et certains partenaires techniques.

Le rappel à l’ordre face aux contreperformances académiques

Le constat des résultats aux derniers examens nationaux Bts-Hnd a pesé lourdement dans les échanges. Pour le Professeur Nchouwat Amadou, Directeur des Accréditations universitaires et de la qualité, le temps est venu de rompre avec les dérives qui fragilisent le système. « Nous devons opérer une rupture avec les pratiques contraires à l’excellence académique. La démarche qualité impose la rigueur, la transparence et l’évaluation permanente », a-t-il martelé.

Dans la même logique, le Professeur Yanpelda a insisté sur l’obligation de respecter scrupuleusement les textes qui encadrent le fonctionnement des Ipes. « Le respect des normes n’est pas une contrainte administrative. C’est une condition de survie pour la crédibilité de nos diplômes et pour la confiance des familles et des entreprises », affirme-t-il, appelant à une responsabilisation accrue des promoteurs.

Ces prises de position rejoignent les recommandations des organismes internationaux tels que l’Unesco et l’Agence universitaire de la Francophonie, qui placent l’assurance qualité au cœur de la modernisation des systèmes éducatifs africains. Au terme des travaux, plusieurs résolutions majeures ont été adoptées pour enclencher une transformation durable du secteur. Il s’agit notamment de la révision des programmes d’enseignement avec un accent renforcé sur l’apprentissage pratique, la mutualisation des plateaux techniques entre établissements, la spécialisation des Ipes en fonction des opportunités économiques réelles de leurs zones d’implantation et la création systématique de structures d’évaluation interne.

Ces mesures visent à corriger la dispersion des offres de formation et à réduire l’écart entre diplômes délivrés et compétences réellement acquises. Pour de nombreux experts présents, cette orientation marque un tournant stratégique dans la gouvernance des Ipes, longtemps accusés d’une croissance quantitative au détriment de la qualité.

Vers l’étudiant entrepreneur et l’université performante

Au-delà des résolutions techniques, la rencontre de Douala a réaffirmé la vision portée par le Minesup d’un enseignement supérieur tourné vers la production de valeur économique et sociale. L’étudiant n’est plus seulement un apprenant mais un futur entrepreneur, tandis que l’université devient un espace de création d’emplois et d’innovation.« La synergie entre universités et entreprises est la condition du succès de l’étudiant entrepreneur au Cameroun », a conclu un responsable de la Dauq, soulignant que la démarche qualité constitue désormais un outil de pilotage stratégique pour l’ensemble des Ipes.

En engageant les promoteurs privés sur la voie de la rigueur et de l’excellence, l’État camerounais entend restaurer la crédibilité du système d’enseignement supérieur et répondre aux attentes d’une jeunesse en quête de compétences utiles et d’opportunités concrètes. La rencontre de Douala apparaît ainsi comme un signal fort d’une nouvelle ère où qualité rime avec employabilité et responsabilité.

Bomo Makeba

Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page