En tant que Président d’une organisation patronale, quelle lecture faites-vous du discours d’investiture du chef de l’État ? Quelles attentes ou réserves, ce discours suscite-t-il chez vous ?
Dans ma posture de Président de l’Organisation patronale des syndicats des transporteurs et auxiliaires des transports du Cameroun (Opstac), j’ai trouvé le discours du Chef de l’État satisfaisant. Il a clairement présenté son plan d’action pour les sept (7) prochaines années. A savoir, la modification de la constitution, tant souhaitée par la majorité des Camerounais. L’emploi des jeunes et des femmes et le renforcement de la sécurité. Mes attentes sont comblées par rapport à ses priorités.
Le président a annoncé placer son nouveau mandat sous le signe de la jeunesse et de la promotion des femmes, avec la relance des concours dans les écoles nationales et les études doctorales. Pensez-vous que ces mesures peuvent réellement améliorer la situation de l’emploi et du chômage au Cameroun ?
L’État est le grand pourvoyeur d’emplois. Si le Chef de l’Etat le dit, c’est qu’il a des statistiques et les moyens d’inverser la courbe. Je crois à fortiori qu’il est à mesure d’améliorer cette situation qui n’est pas scandaleuse. Ce sont des problèmes liés à la démographie et que chaque État du monde rencontre. Nous sommes là pour soutenir ses priorités. Vous savez que sans le transport, c’est l’immobilisme total. Les syndicats des Transporteurs sont toujours de tout cœur avec lui.
Selon vous, quelles devraient être les priorités du nouveau septennat pour relancer durablement l’économie, renforcer l’emploi décent et améliorer les conditions socio-professionnelles des travailleurs camerounais ?
Pour la relance de notre économie et l’amélioration des conditions de vie de la population, je suggère aux grands économistes de l’État de faire multiplier le FCFA. Ceci passe par la création d’une monnaie locale, complémentaire au FCFA. La monnaie locale nous permettra de créer, de booster le développement et payer des salaires décents. Voyez vous, en médecine, lorsque vous n’avez pas assez de sang, on en prend chez quelqu’un d’autre pour vous le completer et vous sauver la vie. C’est dans ce sens que la monnaie locale est un complément du FCFA. Il faut y penser. Je ne demande pas de sortir du FCFA, mais de l’accompagner avec une monaie locale. Autrement dit, je considère le FCFA comme un arbre dont les branches constituent la monnaie locale. Elle va pouvoir multiplier le FCFA à volonté. La monnaie est la force et la puissance d’une nation. Le FCFA ne nous rendra jamais heureux. Mais en l’accompagnant avec notre monnaie, nous atteindrons nos objectifs d’emplois décents et de développement.
Interview réalisée par Laurentin Alima




