
Meilleure rémunération, indemnités renforcées, primes revalorisées : la nouvelle convention collective du secteur des industries polygraphiques marque une rupture historique avec la précarité dès 17 dernières années.
C’est une véritable révolution sociale que les secteur des industries polygraphiques camerounais (imprimerie et activités connexes) s’apprêtent à vivre. Après 17 ans d’attente, la nouvelle convention collective signée le 20 août 2025 apporte des gains salariaux et sociaux tangibles largement salués par les représentants des Travailleurs. Les augmentations salariales atteignent jusqu’à 22 % pour les catégories les plus modestes tandis que l’allocation de loge- ment augmente de 35 % pour les catégories les plus élevées.
L’indemnité de transport, auparavant modeste, est désormais fixée à 15 000 FCFA, et la prime de médaille d’or double pour atteindre 300 000 FCFA. Les indemnités de licenciement sont aussi revalorisées, tout comme la prime de reconversion professionnelle qui sera désormais attribuée de façon progressive tous les cinq ans, jusqu’à 35 années de service. Ces mesures traduisent une volonté claire de rehausser le niveau de vie des Travailleurs dans un secteur longtemps sous équipé en protections sociales et peu attractif pour les jeunes actifs.
Jusqu’ici, la dernière convention, datant de 2009, laissait les Travailleurs sans véritable filet social. Salaires figés, allocations limitées, absence de perspectives à long terme : le quotidien des Imprimeurs, Editeurs, Relieurs et Graphistes était marqué par la précarité. Pour Simon Pierre Etoundi, porte-parole des Travailleurs, cette révision arrive comme un soulagement. « Pendant plus de 15 ans, nos grilles salariales étaient totalement déconnectées de la réalité économique. Aujourd’hui, on parle enfin d’équité, de dignité et d’un avenir dans nos métiers ». Le déficit de dialogue social et les déséquilibres patronaux syndicaux expliquaient en partie cette inertie. La nouvelle convention, fruit de plusieurs mois de négociations, change radicalement la donne en imposant des normes claires, des barèmes actualisés et des protections élargies pour tous les acteurs du secteur.
Vers un nouveau rapport au travail
Derrière les chiffres, c’est une transformation profonde du rapport au travail qui s’opère. En revalorisant les primes, en sécurisant les carrières avec des mécanismes de reconversion, et en redéfinissant les droits des salariés, la convention contribue à bâtir un climat social plus stable et des par- cours professionnels plus attractifs. Les Travailleurs peuvent désormais envisager une trajectoire avec des reconnaissances régulières, un encadrement social solide et des indemnités justes. Pour le ministère du Travail, il s’agit là d’un modèle à dupliquer dans d’autres branches. Grégoire Owona, Ministre du Travail et de la Sécurité sociale (Mintsss), ne cache pas sa satisfaction : « Cette convention n’est pas qu’un texte. C’est une réponse concrète aux attentes des Travail- leurs. Elle redonne confiance, cadre et ambition à tout un secteur.»
un modèle social au service de la performance
Si les avancées profitent d’abord aux Salariés, les entreprises y trouvent aussi leur compte. Meilleure motivation du Personnel, réduction des conflits sociaux, stabilité interne sont autant de facteurs propices à une productivité accrue. Acteurs publics et privés, de la Sopecam à l’Imprimerie nationale, saluent un texte équilibré qui pourrait faire du secteur polygraphique un modèle de gouvernance sociale. La convention
n’est pas une fin mais un point de départ : elle fixe un socle juridique et humain solide sur lequel les partenaires sociaux sont désormais appelés à construire un avenir plus juste et performant.
Avec cette convention, c’est la reconnaissance d’un secteur longtemps ignoré mais pourtant essentiel qui se matérialise. Le temps des statuts figés et des traitements inéquitables semble révolu.
Les Travailleurs, mieux protégés, mieux payés, mieux considérés, entrent dans une nouvelle ère où l’engagement rime enfin avec reconnaissance. Un souffle nouveau tra- verse désormais les imprimeries, les ateliers de composition et les mai- sons d’édition du Cameroun.




