
À l’occasion de la célébration du 8 mars 2026, le Directeur général d’Afriland First Bank, Célestin Guela Simo, met en lumière la stratégie de l’institution visant à faire de l’autonomisation économique des femmes un levier majeur de transformation pour le Cameroun et l’Afrique centrale.
La célébration de la Journée internationale des droits des femmes a donné lieu à une réflexion stratégique au sein d’Afriland First Bank. Dans une tribune publiée le 8 mars 2026, son Directeur général, Célestin Guela Simo, réaffirme la place centrale que l’institution accorde à l’autonomisation économique des femmes dans sa vision de développement. Pour le dirigeant bancaire, la célébration du 8 mars doit dépasser le cadre symbolique.« Chaque 8 mars, le monde s’arrête un instant pour célébrer la femme. Au-delà des fleurs et des discours, cette journée doit être l’occasion d’un engagement sincère et mesurable », écrit-il, rappelant que les femmes représentent près de 52 % de la population en Afrique centrale et constituent un pilier essentiel de l’économie informelle.
Dans cette perspective, la banque revendique une approche stratégique qui inscrit l’inclusion économique des femmes au cœur de son action. « À Afriland First Bank, nous avons fait un choix stratégique. L’autonomisation économique des femmes n’est pas un programme social en marge de notre activité. C’est un levier central de notre mission et de notre plan stratégique Horizon 2030 », souligne Célestin Guela Simo. Le dirigeant met également en évidence les obstacles structurels qui freinent encore l’accès des femmes aux services financiers dans la sous-région.
Accès difficile aux financements
Dans l’espace de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, moins d’un quart des femmes disposent d’un compte bancaire formel et l’accès au crédit demeure limité. « Les femmes entrepreneures reçoivent une fraction infime des financements accordés par le secteur bancaire. Non pas par manque de talent, de créativité ou de résilience, mais par manque de garanties formelles, de réseaux et d’accompagnement adapté », observe-t-il. Pour le responsable bancaire, ce constat impose une transformation du système financier, afin de mieux prendre en compte les réalités économiques des femmes. « Évidemment ce ne sont pas les femmes qui manquent de capacités. C’est parfois le système financier qui manque d’imagination », affirme-t-il.
L’approche défendue par la banque repose sur la conviction que les femmes constituent un moteur majeur de la croissance africaine. « Cette Afrique a un visage majoritairement féminin. La commerçante de Douala qui traverse les frontières avec sa marchandise, l’agricultrice du Grand Nord qui nourrit sa communauté, la jeune diplômée de Yaoundé qui lance sa start-up technologique. Voilà autant de pistons du moteur de la transformation que nous devons accompagner », explique le Directeur général. Dans cette logique, l’établissement financier a développé des mécanismes visant à faciliter l’accès des femmes au financement.
Lignes de crédit adaptées
Il s’agit notamment de lignes de crédit adaptées aux Entrepreneures, de mécanismes de garantie alternatifs et d’un accompagnement personnalisé pour soutenir la création et la croissance des entreprises dirigées par des femmes. La transformation numérique constitue également un pilier de cette stratégie d’inclusion. Les solutions de mobile banking, les plateformes d’épargne digitale et les services de paiement simplifiés sont progressivement déployés pour faciliter l’accès des femmes aux services financiers formels, notamment dans les zones où l’offre bancaire demeure limitée.
Parallèlement, la banque investit dans la formation et le renforcement des capacités entrepreneuriales. « Financer ne suffit pas. Nous investissons dans des programmes d’éducation financière, de gestion d’entreprise et de leadership féminin. Parce que l’autonomisation véritable passe par le savoir et la confiance en soi », souligne Célestin Guela Simo. L’engagement se manifeste également au sein de l’institution elle-même. Afriland First Bank indique œuvrer au renforcement de la représentation des femmes aux postes de responsabilité et à la promotion de l’équité salariale, afin de créer un environnement professionnel favorable à l’épanouissement des talents.
Accroître significativement la part des femmes
Dans le cadre de son plan stratégique Horizon 2030, la banque ambitionne d’accroître significativement la part des femmes dans son portefeuille de financement des petites et moyennes entreprises et de déployer des programmes dédiés à l’entrepreneuriat féminin dans l’ensemble des localités où elle est implantée. Cette dynamique s’appuie également sur des partenariats avec plusieurs institutions internationales de développement, notamment Proparco, Société financière internationale, Islamic Development Bank et African Guarantee Fund, afin de mobiliser des ressources destinées au financement des initiatives portées par des femmes.
Au-delà des actions de la banque, le Directeur général plaide pour une mobilisation collective. « L’autonomisation économique des femmes ne peut être l’affaire d’une seule institution. C’est un défi systémique qui appelle une réponse collective », insiste-t-il, invitant les acteurs du secteur financier, les régulateurs tels que la Commission bancaire de l’Afrique centrale et la Banque des États de l’Afrique centrale, ainsi que les pouvoirs publics et la société civile à conjuguer leurs efforts.
Pour Célestin Guela Simo, la célébration du 8 mars constitue avant tout un point de départ.« Le 8 mars n’est pas une destination. C’est un point de départ renouvelé chaque année », écrit-il, avant de conclure sur une conviction forte, «une Afrique qui libère le potentiel économique de ses femmes est une Afrique qui avance deux fois plus vite. »
Ange Pouamoun



