
Le monde du travail se résoud inéluctablement à l’usage du numérique et les journées de l’administration du travail (Jat) 2025 veulent édifier sur ses avantages et ses techniques d’utilisation en milieu professionnel.
Les 18 et 19 septembre derniers, l’hôtel Mérina de Yaoundé a accueilli les journées de l’administration du travail (Jat). La première édition a eu pour thème, « l’administration du travail face aux défis du travail numérique». Une initiative de l’association pour la promotion et la vulgarisation de l’administration du travail au Cameroun (Apvatrac), dont la présidente est Sara Nkwonda, par ailleurs sous-Directeur au ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss).
Pendant deux jours, des Administrateurs du travail et des Chefs d’entreprise se sont réunis pour échanger et édifier sur la révolution du numérique dans le monde du travail (les apports, technologies et techniques d’utilisation). Parmi les entreprises présentes, on a noté la Caisse des dépôts et consignations (Cdec), le Centre régional africain d’administration du travail (Cradat), le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom), etc.
L’impact du numérique dans le monde du travail
Plusieurs exposés sur le numérique se sont tenus pendant les Jat 2025. Parmi lesquels, l’impact du travail numérique dans le monde du travail, présenté par Jean Claude Pokam, membre de l’Apvatrac et Directeur général de Cag services. L’exposé subdivisé en 7 parties a permis de montrer les niveaux d’influence du numérique dans le monde du travail, les défis liés au numérique en entreprise et les modes d’usage pour améliorer le service et le rendement des entreprises.
Dans sa présentation, Jean Claude Pokam a fait savoir que le taux de pénétration du numérique est moyen dans les grandes entreprises (Ge) et les petites et moyennes entreprises (Tpe) au Cameroun. Pour causes, le coup élevé de l’implémentation des solutions numériques, le manque de compétences internes (nouveaux profils qualifiés dans le domaine du numérique).
« Les banques ont par exemple un manque de Traders pour les métiers de la bourse», soutient le membre de l’Apvatrac. Il y a aussi, les difficultés d’intégration avec les systèmes numériques qui existent déjà et il devient difficile de s’arrimer aux nouveaux, la réticence des Employeurs et Employés au changement, la mauvaise qualité et l’instabilité du service internet et du réseau électrique, l’absence de réglementation et de conformité du numérique au Cameroun dans le cadre juridique.
Face à ces difficultés, Jean Claude Pokam a interpellé les Administrateurs du travail et les Chefs d’entreprises sur les défis d’exigences du numérique dans une entreprise. « Une entreprise aujourd’hui a besoin du numérique. Pour cela, il faut automatiser les services (la digitalisation, ndlr), améliorer l’efficacité opérationnelle de ses équipes et adopter de nouvelles infrastructures. Il faut favoriser le télétravail, la mobilité de l’emploi et des compétences», a indiqué celui-ci.
Les risques liés à l’intégration du numérique dans les entreprises
Dans le même exposé, Jean Claude Pokam a recensé les risques du numérique pour les entreprises. Parmi ceux-ci, la destruction des emplois et la création d’emplois précaires (le phénomène d’auto entrepreneur, des indépendants ou micro entrepreneur fait en sorte que l’on perçoit désormais un revenu et non un salaire, sans une couverture sociale directe). L’on note aussi les risques d’insécurité, « l’intégration du numerique dans une entreprise, impose celle-ci à des risques de hacking», a t-il renseigné. L’autre point qu’il a souligné comme crucial est le risque d’isolement et de désocialisation suite au télétravail.
Bien que le numérique comporte des risques, celui-ci a précisé que tout Travailleur doit s’arrimer à cette réalité. Sinon, il devient un Employé ou un Employeur obsolète.
Laurentin Alima




