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Performance ministérielle : Le Mintss fait le bilan 2025 et ses projections pour 2026

La conférence annuelle 2025 des responsables des services centraux et déconcentrés du ministère du Travail et de la Sécurité sociale (Mintss) a permis de faire l’état des avancées et des manquements de cette institution et de ses partenaires, en matière de promotion du travail décent et de sécurité sociale. Elle a aussi permis de fixer des perspectives d’amélioration des conditions des travailleurs en 2026.

Un bilan 2025 plutôt satisfaisant pour le Mintss en matière de promotion du travail décent et de sécurité sociale. C’est ce que laisse transparaître le discours du Chef de ce département ministériel, Grégoire Owona, à l’occasion de la conférence annuelle de ses services centraux et déconcentrés tenue ce 16 décembre 2025, à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature (Enam). Il a félicité l’action constante de ses collaborateurs dans l’accomplissement des missions attribuées au sous-secteur travail et sécurité sociale. Notamment, la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) que le Ministre qualifie de “bras séculier de l’État en matière de sécurité sociale”.

Travail décent et sécurité sociale

Sous le thème « performance du sous-secteur travail et sécurité sociale pour l’exercice 2026 : enjeux et perspectives », la conférence annuelle des responsables des services centraux et déconcentrés du Mintss a relevé plusieurs avancées dans ses engagements durant l’année 2025 ; à travers l’application de plusieurs mesures, telle la mise en œuvre du programme 017 consacré à la promotion de la sécurité sociale pour tous. Celui-ci se distingue par la poursuite de l’amélioration de la qualité des services rendus par la Cnps dans la dématérialisation des procédures et l’organisation des missions de supervision de fonctionnement des dix commissions régionales du contentieux et de la prévoyance sociale.

Ce programme a aussi permis le renforcement du régime public de sécurité sociale, marqué par le lancement de l’étude de faisabilité de la mise en place d’une Caisse nationale des Personnels de l’État (Cnpe). Aussi, l’extension de la sécurité sociale aux personnes non couvertes et la promotion de la culture de la sécurité sociale via la participation du Mintss à la 38ème session ordinaire du Conseil des Ministres de la Conférence Interafricaine de Prévoyance Sociale (Cipres), tenue à Genève, le 13 juin 2025. Celle-ci a abouti au renouvellement du mandat de trois (03) Inspecteurs régionaux de la prévoyance sociale nommés en 2019 ; l’approbation des comptes annuels de la (Cipres) au titre de l’exercice 2024 et du rapport du Commissaire aux comptes ; etc.

Le discours bilan du Mintss a aussi édifié sur la mise en œuvre du programme 018 portant promotion du travail décent. À travers le renforcement des capacités d’intervention des inspections du travail, la promotion du dialogue social, et la promotion des principes de santé, de sécurité et de bien-être au travail qui ont favorisé la lutte contre le Vih/Sida, et les campagnes de vulgarisation du programme de santé et sécurité au travail. Des actions ont aussi été menées pour la promotion des normes, des principes et droits fondamentaux du travail. A ces bilans s’ajoute, le programme 159 de gouvernance et appui au sous-secteur travail et sécurité sociale.

Les perspectives pour 2026

Toujours dans son allocution, Grégoire Owona a énoncé quelques perspectives devant meubler l’année 2026 dans le sous-secteur travail et sécurité sociale. A l’instar de la mise en œuvre des résolutions adoptées à l’issue de la session du Comité interministériel d’examen des programmes (Ciep), tenue en juin dernier. On note dans cet ordre d’idées, le programme 420 consacré à la promotion de la sécurité sociale à travers l’amélioration du taux de couverture de la sécurité sociale au Cameroun, la création des mutuelles communautaires et professionnelles au terme du triennat 2026-2028… ; le programme 421 sur la promotion du travail décent, principalement la création d’emplois décents et la recherche de croissance. Enfin, le programme 422 sur la gouvernance et la gestion des fonctions supports du Mintss qui doit rendre opérationnel le plan de travail annuel (Tpa), améliorer la qualité et l’efficacité des dépenses des programmes sus-cités, etc.

Le Mintss incite ses Collaborateurs à transformer leurs atouts en actions plus pertinentes et en résultats davantage flatteurs. Car ils sont astreints à des règles et principes à appliquer à la lettre. En fonction du contexte socioprofessionnel actuel qui exige une discipline solide, un professionnalisme rigoureux et une éthique inébranlable. Des exposés ont aussi meublé la conférence, dont ceux sur les innovations dans la mise en œuvre du budget programme enregistré en 2025, l’évaluation de la performance au cours du programme 420 portant sur la promotion de la sécurité sociale pour tous, et la présentation du nouveau cadre stratégique de performance 2026-2028.

S’en sont suivi des échanges entre les partenaires sociaux, les représentants du Mintss et les organismes de sécurité sociale, sous la supervision du Secrétaire général, Razack Johny. Ils ont tourné autour du rôle joué par la Cnps ces dernières années, à l’égard des Travailleurs. Et là-dessus, les Syndicalistes ne cachent pas leur inquiétude. Isaac Bissala de l’Union générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc) et Joseph Mikou de la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac) déplorent un certain nombre de choses, dont la relative influence de la Direction générale sur la politique globale de la sécurité sociale du pays et la pratique des pensions qui maintiendrait toujours des familles en difficultés.

Laurentin Alima

Isaac Bissala, Président confédéral -Ugtc

« Les rôles et la gestion de la Cnps prêtent à confusion »

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« J’ai deux préoccupations qui n’ont pas encore trouvé de réponses. La première est que l’Union générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc) et d’autres Camarades Syndicalistes se sont opposés à l’époque sur le fait de mettre dans le même régime, l’assurance obligatoire et l’assurance volontaire. Ça n’existe dans aucun pays. Mais au Cameroun, politiquement parlant, on a amené la Caisse de prévoyance sociale (Cnps) à mettre les deux assurances dans le même régime. Pourtant, il y a des risques à long terme. L’assurance volontaire pourra porter des problèmes aux assurés un jour.

On a fait des propositions au Mintss pour essayer de revoir cela, mais cela ne fait que per durer sans réponses. Parce que l’assurance volontaire au niveau des textes de la Cnps, c’est le Travailleur qui n’a pas pu atteindre la période indiquée pour continuer à cotiser et bénéficier d’une pension le moment venu. Cela ne peut donc pas aller avec le régime (assurance) obligatoire. L’autre préoccupation est que nous avons suivi l’exposé de la dame (Mme Nkono Balbine Elisabeth, Administrateur principal du travail et de la sécurité sociale hors échelle) concernant les perspectives de la Cnps. Elle a dit que la Cnps fait des propositions pour améliorer les conditions de vie des assurés. Je pense que le Directeur général a envoyé la lettre depuis. Il faut donc dire si c’est la Cnps ou le gouvernement qui est chargé de valoriser les prestations sociales au Cameroun. Nous n’avons toujours pas de réponse pourtant la lettre est au ministère du Travail depuis le mois de juillet. Parce qu’il s’agit là de la polémique sur la sécurité sociale et non sur la Cnps»

Joseph Mikou, Président confédéral – Csac

« On a l’impression que la pyramide des rôles à la Cnps est renversée »

« Nous avons une panoplie de textes qui permettent en sorte que chacun joue sa partition dans la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps). Une gestion qui est collégiale entre l’État à travers son gouvernement et le Conseil d’administration (Ca) de la Cnps. L’État définit la politique de sécurité sociale appliquée à la Cnps. Le Ca est chargé de son implémentation. À partir de la loi 2017 sur les établissements publics, le Ca prend des délibérations et ce sont ces délibérations que la troisième composante (le Directeur général) est tenue d’appliquer sous la surveillance du Ca.

Mais quand on voit ce qui se passe aujourd’hui, on a l’impression que la pyramide a été renversée. Le Directeur général de la Cnps n’a pas à faire des propositions au Ministre du Travail. Il envoie les délibérations que le conseil d’administration a eu à prendre pour la gestion de la Cnps. Nous comprenons que c’est la raison pour laquelle, depuis le 15 février 2016, on a jeté du désordre dans la gestion des pensions à la Cnps.

C’est la toute première fois au Cameroun où on a eu à prendre un décret qui fixe le plafond des cotisations sociales et dit à son article 12 que toutes les dispositions contraires antérieures sont abrogées. Mais on nous a dit ici que les pensions ont été revalorisées à la Cnps à la suite du décret de 2016. Ce n’est pas vrai et c’est ça qui est la préoccupation des pensionnés. Pourquoi le ministère du Travail qui est le porte-voix du gouvernement a fait introduire le désordre dans la gestion des pensions à la Cnps?

On a aujourd’hui une gestion à deux escaliers, celle d’avant 2016 et celle d’après. Ils ne savent pas les conséquences que cela produit dans les familles des pensionnés. Lorsqu’il y a un nouveau Smig, la Cnps doit arrimer les montants mensuels des pensions liquidées avec le précédent Smig au nouveau. Parce qu’il est question de donner des montants de pension décente. Mais ce que nous vivons actuellement c’est qu’il y a des cadres à la Cnps qui ont des pensions moins élevées que les Chauffeurs qui les conduisaient pendant qu’ils étaient encore en activité ».

Propos recueillis par Laurentin Alima

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