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INTERVIEW
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. Pr. Jacques Fame Ndongo, Ministre de l'Enseignement supérieur : « Ce système de quotas ne vise pas à exclure, mais à renforcer davantage la crédibilité de notre recherche universitaire ».

A l’issue des critiques sur les quotas de sélection pour les études doctorales au titre de l’année académique 2025-2026, le Minesup tient à édifier sur les piliers ayant aboutis à ce choix, soit 600 candidats dans toutes les universités d’Etat. Ainsi que le but recherché .

Monsieur le Ministre d’Etat, conformément à l’annonce du Président de la république, vous avez ouvert des sélections pour les études doctorales dans les Universités d’Etat. Où en êtes-vous avec le processus ?

À la suite d’une large concertation avec les onze Vice-Chancellors et Recteurs des Universités d’Etat, j’ai signé un communiqué le 15 janvier 2026 qui autorise l’ouverture des sélections pour les études doctorales dans les Universités d’Etat. Ce communiqué met en œuvre les Très Hautes Directives présidentielles qui m’ont été répercutées par la correspondance n° B1109/B/SG/PR du Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République, datée du 28 novembre 2025. La principale instruction présidentielle concerne : « la sélection, par le Minesup, de six cents (600) candidats pour les études doctorales dans toutes les universités d’Etat, au titre de l’année académique 2025-2026 ».
Mon communiqué a précisé la procédure et les règles à suivre, la ventilation des quotas par université, ainsi que le chronogramme à respecter. À la date d’aujourd’hui, ce chronogramme est parfaitement respecté. Toutes les universités ont procédé au lancement des appels à candidature avant l’échéance prescrite du vendredi 23 janvier 2026. Pour la suite du processus, tous les Chefs des institutions universitaires doivent transmettre la liste des sélectionnés au Pr Roger Pépin Tsafack Nanfosso, Président de la Conférence des Chefs des Institutions universitaires publiques (Conciu) au plus tard le vendredi 20 février 2026. Le Président de la Conciu, qui est actuellement le Recteur de l’université de Dschang, doit me faire tenir au plus tard le mercredi 25 février 2026, l’ensemble des listes des sélectionnés. Il ne me restera plus qu’à apprécier la conformité du processus de sélection et à autoriser les Vice-Chancellors et Recteurs à signer les listes définitives des sélectionnés.

Sur quoi s’appuie le nombre de places disponibles ?

Je comprends parfaitement que, vue de l’extérieur, cette décision puisse paraître restrictive pour nos étudiants. Mais il faut regarder la réalité en face : ce système de quotas ne vise pas à exclure, mais à renforcer davantage la crédibilité de notre recherche universitaire qui doit avoir une traçabilité et une visibilité planétaires.
Ce quota repose sur trois piliers objectifs. Premièrement, il s’agit de respecter la logique du système Lmd (Licence, Master, Doctorat). Il faut rappeler que ce système est structurellement pyramidal. Le passage du Master au Doctorat n’a jamais eu vocation à être automatique ; c’est un cycle d’élite intellectuelle. En officialisant ce filtre, nous remettons simplement de l’ordre : l’accès au cycle doctoral doit être conditionné exclusivement par l’excellence académique et la pertinence du projet de recherche.
Deuxièmement, c’est une question impérative de qualité scientifique. Nous ne pouvons pas maintenir des standards élevés avec des effectifs pléthoriques. Un doctorant a besoin d’un encadrement personnalisé. Le quota est la seule façon de garantir que chaque étudiant retenu bénéficie d’un temps de supervision adéquat. Cela permet d’éviter ces thèses qui s’éternisent faute de direction, et surtout, cela assure que les docteurs camerounais produisent des travaux compétitifs à l’échelle internationale.
Enfin, il y a une réalité économique et stratégique. L’État a la responsabilité d’orienter la recherche vers les besoins réels du développement du pays. À quoi sert-il de laisser s’accumuler des diplômés dans des filières saturées ? Le quota nous permet de canaliser les talents vers des secteurs prioritaires. En somme, instaurer cette sélection plus drastique, c’est redonner ses lettres de noblesse et son prestige au diplôme de Docteur des universités camerounaises.

Sur quels critères ont été arrêtés les quotas de places par université ?

J’ai effectivement réparti le quota national de 600 candidats aux onze Universités d’Etat. Les quotas que j’ai avalisés m’ont été proposés par le Président de la Conciu, après concertation avec les Vice-Chancellors et Recteurs des universités d’Etat. Ces derniers ont une parfaite maîtrise de la capacité, des priorités et des coûts d’encadrement des doctorants de chaque université, dans le cadre de la répartition du quota national fixé.

Compte tenu de la demande et de la taille de plus en plus grande de chacune des universités d’Etat, ne faudrait-il pas ouvrir davantage de vannes ?

Les Très Hautes Directives du Président de la République qui m’ont été répercutées par le Ministre d’Etat, Secrétaire Général de la Présidence de la République, indiquent clairement que le quota de 600 candidats concerne l’année académique 2025-2026. De manière évidente, ce quota est dynamique en fonction de l’évolution de l’environnement des études doctorales dans notre pays : capacité d’accueil, laboratoires de recherche, moyens financiers, priorités nationales de développement et capacité d’absorption des docteurs.

On imagine que la formation doctorale a un coût pour l’Etat. De quel poids a pesé ce facteur dans la délimitation du nombre de places ?

La formation doctorale a effectivement un coût non négligeable d’une discipline à une autre. En biologie par exemple, une seule manipulation peut coûter des centaines de milliers de francs CFA en réactifs. En archéologie ou en anthropologie, le coût de la recherche doctorale peut grimper à cause des missions de terrain prolongées.
C’est la raison pour laquelle les Très Hautes Directives présidentielles prescrivent « la poursuite du financement des études doctorales par l’Etat à travers les Universités, en fonction de leurs capacités d’accueil et de la disponibilité des moyens financiers ». En clair, les capacités d’accueil d’une université ne suffisent pas à déterminer le nombre de doctorants à encadrer ; il faut en plus s’assurer que l’Université dispose des moyens financiers permettant un encadrement adéquat de ses doctorants.

Qui financera cette formation doctorale ?

Je précise, in fine, que 500 millions de F CFA sont prévus au budget 2026 du ministère de l’enseignement supérieur, pour soutenir financièrement les diverses charges induites, en faveur des 600 doctorants, pour les contraintes scientifique, technologiques, heuristiques et pécuniaires.

Ct, le 27 janvier 2026

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