
C’est la mesure issue de la convention signée par les organismes de gestion collective du secteur artistique et des boissons, ce 13 février 2026 à Yaoundé. Elle vient renforcer les modalités de perception des droits d’auteur et des droits voisins dus par les bars et débits de boissons, aux Artistes invités pour des prestations dans ces lieux.
C’est une manne pour les Musiciens et Autres Créateurs d’œuvre qui donnent prestations dans les débits de boisson (cabaret, snack-bar, lounge, etc.). Désormais, la régularisation de leurs prestations se fait par un prélèvement à la source. De façon plus explicite, chaque bouteille vendue contribue directement aux revenus de l’Artiste (un prélèvement de 1 FCFA par bouteille de bière vendue, soit 12 francs CFA par casier, directement à la source). C’est ce qui ressort de la convention publiée par les organismes de gestion collective dont la Sonacam (Société nationale camerounaise de l’art musical), la Scdv (Société camerounaise des droits voisins), la Scaap (Société civile des arts audiovisuels et photographiques), la Socadap (Société camerounaise de droits d’auteurs des arts plastiques et graphiques) et le Syndebarcam (Syndicat des Barmans du Cameroun). Cette convention est adossée à la décision conjointe Mincommerce-Minac du 25 avril 2023.

Une convention qui satisfait les syndicats
Par son Président national Hervé Nana, le Syndebarcam se réjouit de cette mesure qui, selon lui, offre de la visibilité aux exploitants tout en garantissant aux artistes une rémunération régulière. « Dès aujourd’hui, en fonction de la catégorie de l’établissement, un prélèvement connu sera appliqué. Nous en sommes satisfaits », affirme-t-il. Sentiment identique chez le Président du Conseil d’administration de la Sonacam. « Avec cette convention, nous sommes non seulement sûrs de payer quatre fois par an, mais aussi payer des montants consistants. Parce que désormais, tous les tenants des débits de boisson vont payer les droits d’auteurs à travers le prélèvement d’un franc par bouteille vendue », souligne Francis Ateh Bazor.
La récompense d’un long combat
Le Syndebarcam considère la convention comme l’extincteur des flammes d’un conflit qui dure depuis des années entre les Artistes et les propriétaires des débits de boissons. Car à défaut de paiement des droits d’auteur, il y a eu des scènes de tension voire de désolation. « Les Artistes descendaient ramasser les appareils comme les télévisions, baffles, postes radio […] en guise de compensation », indique Hervé Nana. Par la suite, la récupération du matériel après saisie s’avérait complexe. Engendrant des pertes financières considérables et une détérioration des relations. Le Président du Syndebarcam appelle ainsi les différents acteurs du secteur à voir la nouvelle convention comme l’aboutissement d’un engagement en faveur d’un climat apaisé et durable dans l’écosystème culturel camerounais, non comme un simple texte administratif. Car l’enjeu est clair, celui de pacifier les relations entre créateurs et exploitants, sécuriser les recettes des artistes et restaurer la dignité d’un secteur longtemps fragilisé.

Pour veiller à l’effectivité de la convention sur le terrain, la Commission de contrôle des organismes de gestion collective (Ccogc) dirigée par François Edimo, est le gendarme de l’Etat affecté à cette tâche. Les retenues à la source et la redevance sont prélevées automatiquement, puis sécurisées dans un compte de dépôt spécial avant la redistribution.
Laurentin Alima



