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Santé publique : 304 soignants en quête de postes

À Ngaoundéré, 304 nouveaux professionnels de santé ont prêté serment, mais leur avenir dans la fonction publique reste incertain.

La ville de Ngaoundéré a vibré au rythme d’une cérémonie solennelle marquant l’entrée officielle de 304 jeunes diplômés dans le Corps médical de l’Adamaoua. Issus des écoles de formation sanitaires publiques et privées, ces nouveaux professionnels ont prêté serment devant les autorités administratives, traditionnelles et sanitaires, s’engageant à exercer leur métier dans le respect de l’éthique, du secret médical et de l’humanisation des soins. Le contingent est composé de 241 Infirmiers principaux, 44 Sages-femmes et une vingtaine de techniciens spécialisés en kinésithérapie, Imagerie médicale, Anesthésie et autres disciplines paramédicales. « Ce serment n’est pas une simple formalité. Il engage votre conscience, votre intégrité et votre responsabilité devant la société », a déclaré Saïdou Hamayadji, président régional de l’Ordre national des personnels médico-sanitaires, soulignant la noblesse et les exigences du métier.

L’Ordre en rempart contre les abus

Dans son allocution, Saïdou Hamayadji a rappelé que l’inscription au tableau de l’Ordre est une obligation incontournable pour tout professionnel de santé. Il l’a qualifiée de « véritable bouclier contre l’exercice illégal de la médecine », insistant sur la nécessité de protéger les patients contre les pratiques frauduleuses. Il a également mis en garde contre les dérives professionnelles telles que la corruption, la négligence ou les abus de pouvoir. « L’Ordre restera vigilant afin de préserver l’honneur et la crédibilité de la blouse blanche », a-t-il affirmé, appelant les jeunes diplômés à faire preuve de rigueur et de responsabilité. Cette vigilance s’inscrit dans un contexte national où les autorités sanitaires multiplient les contrôles pour lutter contre les structures clandestines et les pratiques non réglementées, un phénomène encore préoccupant dans plusieurs régions du pays.

Si cette vague de nouveaux professionnels représente un espoir pour le système de santé de l’Adamaoua, elle met aussi en lumière un problème structurel majeur : l’insertion dans la fonction publique. Malgré l’annonce présidentielle en 2024 du recrutement de 10. 000 personnels de santé, de nombreux diplômés peinent à intégrer les effectifs de l’État.

Selon les données du ministère de la Santé publique, le Cameroun affiche un ratio de 1 Médecin pour 10.000 habitants, bien en deçà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé qui préconise un minimum de 1 pour 1.000. Dans l’Adamaoua, région à forte ruralité, les besoins sont criants, mais les recrutements restent insuffisants face à la croissance du nombre de diplômés. L’inauguration récente du Centre hospitalier régional de Ngaoundéré, doté d’un plateau technique moderne, témoigne de la volonté de moderniser l’offre de soins. Mais sans une politique d’intégration ambitieuse et équitable, ces jeunes diplômés risquent de rester en marge d’un système qui a pourtant besoin d’eux.

Ange Pouamoun

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