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Détresse sociale à Hevecam : Le corps d’un Employé abandonné au portail de l’entreprise

Face à l’inaction de l’entreprise Hevecam et au manque de soutien après le décès d’un Employé ayant servi pendant 33 ans, la famille en colère a déposé son cercueil devant les locaux de la société, dénonçant des années de négligence et de silence.

La scène a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux ! Devant le portail de la société agroindustrielle Hevecam S.A., un cercueil a été déposé par une famille endeuillée. À l’intérieur repose le corps d’un homme qui aurait travaillé pendant plus de 30 ans dans les plantations d’hévéa de cette entreprise implantée dans la localité. Dans la vidéo devenue virale, un proche du défunt prend la parole pour dénoncer ce qu’il décrit comme une profonde injustice. « Nous sommes ici à la morgue de l’hôpital de Niété. Le corps de notre oncle est là. On refuse d’envoyer la voiture pour le village. Quelqu’un qui a travaillé pour vous pendant 33 ans. Aujourd’hui la société dit que c’est seulement la famille qui doit l’enterrer », déclare-t-il avec colère.

La scène traduit une détresse familiale mais aussi une colère accumulée. Un autre membre de la famille laisse éclater son indignation. « C’est trop… Trop de négligence… On a supporté la négligence de l’hôpital. Mais pas ici. Maintenant pour l’honorer jusqu’à sa dernière demeure, personne. Personne. Personne », peut-on écouter. Selon les témoignages recueillis auprès de la famille, le défunt aurait travaillé pendant plus de trois décennies au sein de l’entreprise. Tombé malade pendant une longue période, il aurait été hospitalisé avant de rendre l’âme. La famille affirme que l’entreprise lui devait encore plusieurs droits et espérait également un soutien logistique pour l’organisation des obsèques.

La situation est d’autant plus difficile pour les proches que les enfants du défunt seraient encore très jeunes. « Les enfants n’ont même pas vingt ans », explique un membre de la famille dans la vidéo. Face au refus présumé de l’entreprise de prendre en charge certains aspects liés aux funérailles, la famille a décidé de déposer le cercueil devant l’entreprise afin d’exiger des explications. « Soit Hevecam nous écoute, soit ils prennent le corps pour aller l’enterrer eux-mêmes parce que ça suffit », lance un proche du défunt.

Conditions de travail jugées difficiles

Située dans le département de l’Océan dans la région du Sud du Cameroun, la localité de Niété est connue pour abriter l’un des plus importants complexes agroindustriels du pays. L’entreprise Hevecam S.A. y exploite de vastes plantations d’hévéa sur plusieurs dizaines de milliers d’hectares. Elle constitue l’un des principaux Employeurs de la zone et joue un rôle majeur dans la production de caoutchouc naturel destiné notamment à l’exportation. Cependant, derrière ce poids économique, les tensions sociales ne sont pas nouvelles. Au fil des années, des organisations de Travailleurs, des syndicats et certaines Ong ont régulièrement dénoncé des conditions de travail jugées difficiles, des revendications salariales non satisfaites ou encore des problèmes liés aux droits sociaux des Ouvriers.

Des rapports d’organisations de la société civile et des articles publiés par plusieurs médias spécialisés dans l’économie ont également évoqué des conflits récurrents entre l’entreprise et certaines communautés riveraines concernant les terres, les conditions de travail et les relations sociales dans les plantations industrielles. L’affaire du cercueil abandonné devant les grilles de l’entreprise constitue un symbole fort du malaise qui persiste dans ces zones agroindustrielles. Le geste spectaculaire de la famille du défunt illustre à la fois la détresse sociale de certains Travailleurs et le sentiment d’abandon ressenti par leurs proches.

Ce qui suscite également des interrogations est le silence des pouvoirs publics face à ces tensions répétées. Dans un contexte où les plantations industrielles emploient des milliers de Travailleurs dans la région du Sud, certains acteurs de la société civile estiment qu’une médiation des autorités serait nécessaire afin d’éviter que ce type de situation ne se reproduise.

À Niété, le cercueil posé devant le portail de l’entreprise reste ainsi un symbole lourd de sens. Celui d’une famille qui réclame justice et reconnaissance pour un homme ayant consacré plus de trente années de sa vie à une entreprise, mais aussi celui d’un malaise social persistant dans l’un des plus importants bassins agroindustriels du Cameroun. Affaire à suivre !

Bomo Makeba

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