
À l’occasion de la 140ᵉ Journée internationale du Travail, le ministre Grégoire Owona met en avant les avancées du dialogue social au Cameroun, notamment la revalorisation du SMIG, l’amélioration des conditions de travail et la prévention des conflits. Insistant sur la transparence, la responsabilité des partenaires sociaux et la nécessité d’un climat apaisé, il appelle à renforcer la concertation pour faire du travail décent un levier de cohésion nationale et de développement économique durable.
140ème JOURNEE INTERNATIONALE DU TRAVAIL
DISCOURS
DU MINISTRE DU TRAVAIL ET DE
LA SECURITE SOCIALE
Vendredi, 1er mai 2026
- Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement,
- Mesdames et Messieurs les Membres du Corps Diplomatique et des Organisations Internationales,
- Monsieur le Directeur du Bureau Sous Régional de l’OIT pour l’Afrique Centrale ;
- Monsieur le Directeur Général du CRADAT ;
- Monsieur le Directeur Général de la CNPS ;
- Monsieur le Gouverneur de la Région du Centre,
- Monsieur le Préfet du Département du Mfoundi,
- Monsieur le Maire de la Ville de Yaoundé,
- Monsieur le Sous-Préfet de l’Arrondissement de Yaoundé 1er ;
- Madame et Messieurs les Présidents des Organisations professionnelles d’employeurs et de travailleurs,
- Distingués invités,
- Chers Acteurs du monde du travail ;
- Mesdames et messieurs ;
C’est pour moi un réel plaisir de m’adresser à vous ce jour, à l’occasion de la célébration de la 140ᵉ édition de la Journée Internationale du Travail.
À vous tous qui avez bien voulu être présents en cette circonstance solennelle, je voudrais exprimer la profonde reconnaissance du Gouvernement. Votre présence en ces lieux témoigne de votre engagement personnel et de votre adhésion à l’idéal commun de promotion du travail décent et de justice sociale dans notre pays.
En effet, en contribuant à rehausser l’éclat de cette journée, qui constitue un moment privilégié de reconnaissance de la contribution des travailleurs au développement national, vous participez activement à la matérialisation de la vision d’un Cameroun émergent, moderne et socialement avancé, voulu par le Président de la République, Son Excellence Paul BIYA.
Mesdames et Messieurs,
Chers acteurs du monde du travail,
Chaque 1er mai, le Cameroun, à l’instar de la communauté internationale, célèbre la Journée Internationale du Travail, moment privilégié de reconnaissance du rôle essentiel des travailleurs dans la construction économique et sociale de la Nation.
Le point d’orgue de cette commémoration demeure la Grande marche des travailleurs, à laquelle nous allons assister dans quelques instants.
En prélude à cette marche, une semaine d’activités dédiées a permis au Gouvernement et aux partenaires sociaux, sur toute l’étendue du territoire national, d’exprimer la vitalité du monde du travail et de mettre en lumière la contribution de celles et ceux qui, par leur labeur quotidien, donnent tout son sens à la valeur travail, pilier fondamental de notre économie et élément constitutif de notre devise.
Ces activités se sont articulées autour du thème :
« Dialogue social et travail décent : facteurs de paix, de cohésion nationale et de développement économique de l’entreprise ».
Ce thème, particulièrement pertinent dans le contexte actuel, nous a offert l’occasion de mettre en évidence les avancées enregistrées, d’analyser les difficultés persistantes, et d’explorer les opportunités nouvelles permettant de relever collectivement les défis liés à l’épanouissement des travailleurs, à la productivité des entreprises et à la consolidation de la paix sociale.
Mesdames et Messieurs,
Chers partenaires sociaux,
Dans le cadre de l’action gouvernementale impulsée par le Président de la République et conduite par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Ministère du Travail et de la Sécurité Sociale saisit cette tribune pour rappeler à l’ensemble des acteurs du monde du travail l’importance de renforcer la culture du dialogue social. Le dialogue social demeure, en effet, un levier aux vertus éprouvées pour la formulation et la mise en œuvre de solutions consensuelles, efficaces et durables face aux défis qui se posent à notre société.
Ainsi, nous pouvons affirmer que dans le cadre de l’animation du Dialogue Social au Cameroun à travers les structures légalement mise en place, de nombreuses avancées ont été enregistrées dans le Sous-secteur Travail et Sécurité Sociale. Nous pouvons citer l’amélioration des conditions de vie des travailleurs à travers les revalorisations successives du SMIG au Cameroun. En quelques années, le SMIG est passé de 28000 FCFA à 45000 aujourd’hui dans le secteur agricole et 60.000 dans les autres secteurs d’activités. Ce qui a conduit à plusieurs revalorisations de grilles salariales dans plusieurs branches d’activités.
Le dialogue social s’est également illustré dans la gestion de certaines préoccupations sectorielles, notamment dans les domaines de l’éducation, de l’agro-industrie et des transports. Les concertations menées avec les organisations syndicales du secteur de l’éducation par exemple ont permis de progresser vers la mise en œuvre des mesures prescrites par le Chef de l’État, tout en garantissant la continuité du service public de l’éducation tel qu’indiqué par lui-même dans son message à la Nation du 31 décembre 2024, je le cite :
« Un dialogue constructif se poursuivra avec les syndicats reconnus, afin de progresser sereinement vers la prise en compte des aspirations et des préoccupations des enseignants. » Fin de citation.
Les négociations avec les enseignants se poursuivent donc et nous envisageons déjà la signature des conventions collectives négociées et jamais imposées.
Toujours dans le cadre du dialogue social et à la suite d’une grève ayant entraîné des dégâts matériels et une perte en vie humaine à la SOSUCAM, l’entreprise a engagé une stratégie de renforcement de concertations en interne. Cette initiative s’est concrétisée par la signature, le 31 octobre 2025, d’un Accord Collectif d’Entreprise intitulé « Challenge Social Campagne Sucrière 25-26 », visant à garantir le bon déroulement de la campagne sucrière et à instaurer un climat de confiance.
Les employeurs s’engagent de plus en plus sur la transparence, sur l’amélioration des conditions de vie et de travail, ainsi que sur la reconnaissance des performances. De plus en plus, les délégués du personnel souscrivent à la promotion du dialogue constructif.
Je félicite et j’encourage par conséquent tous les Délégués du Personnel récemment élus lors des élections sociales organisées le 13 janvier 2026 à jouer pleinement leur rôle de courroie de transmission et de défense des doléances objectives de leurs collègues. Ils doivent garder à l’esprit qu’ils sont des employés comme les autres, mais investis d’une mission de représentation. Ils ne sauraient donc se transformer en co-gérants ou en opposants systématiques des décisions du top management. Ils doivent donc prendre part au dialogue social dans un esprit de responsabilité, de patriotisme et de respect des lois et règlements de la République. Le monde évolue, l’économie aussi. Nous n’allons plus parler bientôt du Smig qui fixe le minimum, nous travaillons pour évoluer vers le « leaving wags », un salaire qui permette au travailleur de vivre décemment.
Mesdames et Messieurs,
Chers partenaires sociaux,
Permettez-moi, à ce stade de mon propos, et concernant la reconnaissance du mérite, d’apporter une clarification importante, rendue nécessaire au regard de certaines dénonciations récentes portées à notre attention et à celle de l’opinion publique. Il me semble opportun de rappeler avec la plus grande fermeté que, dans le prolongement de la promotion du travail décent et donc de la valorisation du travail, que la participation du Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale lors des cérémonies de remise des médailles d’honneur du travail organisées par les entreprises est entièrement gratuite, conformément aux dispositions en vigueur. Aucune contrepartie financière, sous quelque forme que ce soit, ne saurait être exigée ou tolérée dans le cadre de ce processus, qui relève exclusivement de la reconnaissance de la Nation envers ses travailleurs méritants. Aucune transaction, aucune négociation avec qui que ce soit n’est possible !
Nous avons mis des délais et des points de contrôles afin d’accélérer les circuits administratifs et améliorer la qualité du service aux usagers. C’est ainsi que les délais de délivrance des Médailles d’Honneur du Travail qui étaient d’un ou deux ans sont passés à 6 semaines maximum et ceux de l’agrément à l’exercice de la médecine du travail sont passés de 2 à 3 ans à 8 semaines au maximum. Nous tenons à maintenir et très fermement un climat de transparence, d’équité et d’intégrité dans l’ensemble des procédures.
Mesdames et Messieurs,
Chers acteurs du monde du travail,
Notre mobilisation collective pour le renforcement de la protection du travail a également permis de consolider la productivité des entreprises, grâce notamment à l’action proactive de l’Inspection du Travail. La prévention des conflits sociaux et le règlement amiable des différends professionnels demeurent, vous le savez, une priorité constante pour le Gouvernement. Des avancées significatives sont également observées dans la promotion des principes de santé, de sécurité et de bien-être au travail.
Je vous invite à renforcer davantage votre mobilisation et votre implication au sein des différentes instances de dialogue social.
Il s’agit pour nous tous de privilégier la voie du dialogue, de la responsabilité et de la concertation, afin de favoriser l’épanouissement des travailleurs et de contribuer durablement au développement économique et social de notre pays.
Mesdames et Messieurs,
Chers acteurs du monde du travail,
Au moment de conclure mon propos, je voudrais renouveler mes remerciements à chacun d’entre vous pour votre présence.
Je voudrais également exprimer la reconnaissance du Gouvernement au Bureau International du Travail, pour l’accompagnement constant dont bénéficie notre pays dans le cadre de la coopération avec l’Organisation Internationale du Travail.
Enfin, tout en rappelant que le 1er mai est un moment de célébration et de fraternité, je nous invite tous à faire de cette journée une occasion d’évaluation lucide et de réflexion prospective sur l’avenir du travail dans notre pays.
C’est sur cette note d’espoir et d’engagement collectif que je vous souhaite à toutes et à tous une excellente fête du travail.
Vive le monde du travail !
Vive le Cameroun et son illustre Chef, le Président Paul BIYA !
Je vous remercie pour votre bienveillante attention.




