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Outil d’inclusion, levier d’opportunités et instrument de gouvernance, la carte jeune biométrique s’impose progressivement comme un dispositif clé en faveur de la jeunesse camerounaise. Entre innovation technologique et accès élargi aux services, elle redéfinit la relation entre l’État et les jeunes. Décryptage avec le Dr Pierre Dominique Mveme Atangana secrétaire permanent de l’observatoire national de la jeunesse (ONJ)

La carte jeune biométrique est souvent présentée comme une innovation majeure. Concrètement, de quoi s’agit-il et quels en sont les objectifs ?

Merci de l’intérêt que vous portez à la carte jeune biométrique. Je tiens également à saluer le Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, qui a permis aux jeunes de bénéficier de cette innovation technologique.

La carte jeune biométrique est un outil mis en place par le gouvernement pour faciliter l’accès des jeunes à divers services. Elle constitue à la fois un instrument de gouvernance du secteur jeunesse et un outil de gestion stratégique des jeunes.

Elle sert de pièce d’identification, mais aussi de carte bancaire, permettant aux jeunes d’effectuer certaines opérations. À ce titre, elle contribue également à leur éducation financière.

C’est une initiative majeure voulue par le Président de la République et mise en œuvre par le ministère en charge de la jeunesse. L’Observatoire national de la jeunesse (ONJ) en assure le déploiement effectif et efficient.

Quelle est la genèse de cette carte et comment a-t-elle évolué depuis sa création ?

La carte jeune biométrique a été développée dans le cadre de l’Observatoire National de la Jeunesse (ONJ). En effet, le texte qui institue l’ONJ prévoit la mise en service d’une carte destinée aux jeunes.

Depuis 2016, cette carte existe, mais elle portait initialement le nom de « carte jeune ». Afin de la rendre plus efficace et mieux adaptée aux réalités actuelles, le Ministère de la Jeunesse et de l’Éducation Civique (MINJEC) s’est doté d’outils modernes permettant non seulement sa production, mais aussi la création d’un espace de rencontres, à la fois virtuel et physique.

Cet espace facilite, d’une part, les échanges entre les jeunes et les administrations publiques qui proposent des services qui leur sont dédiés. D’autre part, il met en relation les jeunes avec des acteurs privés offrant des services à coûts réduits, notamment dans les domaines du transport, de la santé, du financement, de l’emploi ou encore des stages.

Grâce à cette carte, chaque jeune peut être identifié et localisé en fonction de ses besoins, afin de bénéficier plus facilement de solutions adaptées.

Quels sont aujourd’hui les résultats concrets enregistrés sur le terrain ?

Aujourd’hui, on compte environ 78 000 jeunes détenteurs de la carte, pour un total de plus de 300 000 services déjà offerts. Ces chiffres traduisent à la fois l’engouement des jeunes pour cet outil et tout l’intérêt qu’il représente.

Le dispositif s’appuie également sur un réseau d’environ 225 partenaires, proposant plus de 300 services. Ces offres varient selon les communes et les régions, afin de mieux s’adapter aux réalités locales.

La carte est conçue pour une durée de deux ans. Elle est valable sur l’ensemble du territoire national : elle est donc limitée dans le temps, mais non dans l’espace.

Destinée aux jeunes âgés de 15 à 35 ans, elle ne cible aucune catégorie spécifique. Que l’on soit élève, étudiant, chercheur d’emploi ou travailleur, toute personne appartenant à cette tranche d’âge peut en bénéficier. Les services proposés sont en effet variés et adaptés aux différents profils.

La carte permet ainsi d’accéder à de nombreux services et produits. Elle prend en compte les besoins de toutes les catégories de jeunes. Par exemple, pour les jeunes actifs, elle offre des formations visant à renforcer leurs compétences, ainsi que des programmes d’éducation financière. Pour les chercheurs d’emploi, elle améliore leur visibilité, facilite leur identification par les recruteurs et augmente leurs chances d’accès au financement.

Qui peut bénéficier de cette carte et quelles sont les démarches à suivre pour l’obtenir ?

La carte n’est pas destinée à une catégorie spécifique, mais à l’ensemble des jeunes du territoire national.

Pour l’obtenir, il suffit de constituer un dossier, de payer la somme de 10 000 FCFA en ligne ou dans un Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes ( cmpj) , puis de suivre le processus d’enrôlement.

Le dossier comprend : une demande timbrée adressée au MINJEC, une attestation d’identification unique, un plan de localisation, un bordereau à remplir ainsi qu’une fiche d’enrôlement disponible sur le site. Ces documents peuvent être obtenus dans les différentes structures du minjec , conformément aux exigences en vigueur.

Une fois le dossier constitué, le jeune se rend dans un cmpj pour lancer lui-même son enrôlement via le portail dédié, à l’adresse enrolement.servicescartejeune.cm, en y téléversant les copies scannées des pièces requises.

Il convient de préciser que cette carte ne garantit pas un emploi, mais elle donne accès à des formations et facilite la mise en relation avec des recruteurs, notamment en permettant leur géolocalisation.

 La question de la sécurité des données est essentielle aujourd’hui. Quelles garanties offre ce dispositif ?

Les données des jeunes sont sécurisées grâce à leur stockage dans un mini data center, au niveau de l’ONJ et à CAMTEL, afin d’en garantir une sauvegarde fiable et efficace.

La carte jeune biométrique est un outil essentiel que chaque jeune Camerounais devrait posséder. Disponible sur l’ensemble du territoire national, elle contribue de manière concrète à

Propos recueillis par Nancy NGO TJECK

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