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Joseph Mikou, Président confédéral Csac: « Le capital humain est la première richesse de l’entreprise. »

Derrière cette affirmation forte, le Président de la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (Csac) Joseph Mikou dresse un constat sans détour : dialogue social fragile, travail décent encore théorique et réformes attendues.

Le thème de cette année insiste sur le dialogue social et le travail décent. Quel message vous inspire-t-il ?

Ce thème interpelle fortement. Il s’adresse à la fois aux Employeurs et aux Travailleurs. Mais dans les faits, il revient chaque année avec peu d’impact concret. Le dialogue social est pourtant essentiel : sans dialogue, il n’y a ni compréhension, ni justice au travail. Même dans une famille, tout repose sur le dialogue. Alors en entreprise, c’est encore plus crucial. Malheureusement, beaucoup d’Employeurs se limitent à l’aspect festif du 1er mai, sans chercher à comprendre ni appliquer le fond du thème.

Peut-on réellement parler de dialogue social efficace aujourd’hui dans notre pays ?

Non, pas vraiment. reste très faible. Les, qui sont pourtant des outils essentiels, ne couvrent pas tous les secteurs. Et même lorsqu’elles existent, elles sont rarement appliquées. Il manque des mécanismes contraignants, comme les décrets d’extension, pour obliger les Employeurs à respecter ces textes. Résultat : les Travailleurs restent exposés et vulnérables.

Vous avez évoqué la question du travail décent. Où se situe le problème principal ?

Le problème est profond. On parle de travail décent, mais la réalité est toute autre. Les salaires stagnent, les conditions de travail restent difficiles, et les évolutions de carrière sont limitées. Certains Travailleurs passent des années sans progression. Pendant ce temps, les charges augmentent, notamment avec de nouvelles taxes. Il y a un décalage total entre le discours et la réalité sur le terrain.

 Le cadre légal est-il adapté pour améliorer la situation des Travailleurs ?

Pas du tout. Le Code du travail date 34 ans et n’a pas été révisé, malgré les nombreuses revendications des syndicats. Pourtant, d’autres textes comme le Code général des impôts sont révisés chaque année. Cela montre que les priorités ne sont pas les mêmes. Sans réforme du cadre légal, il sera difficile d’améliorer les conditions des Travailleurs.

Quel message adressez-vous aux autorités, aux Employeurs et aux Travailleurs ?

Aux autorités, je demande une réelle volonté politique pour appliquer les lois et protéger les Travailleurs. Gouverner, c’est aussi défendre les plus faibles. Aux Employeurs, je rappelle que le capital humain est la première richesse de l’entreprise. Un Travailleur épanoui est un facteur de performance. Il faut respecter les droits, valoriser les Employés et garantir des conditions dignes. Sans cela, il ne peut y avoir de développement durable.

J’invite les Travailleurs à rester calmes et à ne pas perdre espoir. La paix est essentielle. Mais il est urgent que les choses changent. Le dialogue social doit devenir une réalité, pas un simple slogan.

Recueillis par Nancy Ngo Tjeck

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