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Pression syndicale: La colère monte chez les travailleurs

Dans un discours ferme, le président de la Confédération des Syndicats Autonomes du Cameroun (CSAC) dénonce l’absence de résultats concrets face aux revendications sociales et appelle le gouvernement à passer des promesses aux actes pour améliorer durablement les conditions de vie et de travail au Cameroun.

140eme  EDITION DE LA FETE INTERNATIONALE DU TRAVAIL

 1er MAI 2026

ALLOCUTION DU CAMARADE JOSEPH MIKOU

PRESIDENT CONFEDERAL DE LA CONFEDERATION DES SYNDICATS AUTONOMES DU CAMEROUN (CSAC)

Monsieur le Ministre du Travail et de la Sécurité Sociale ;

Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement ;

Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales ;

Mesdames et messieurs les représentants des partis politiques ;

Autorités religieuses et traditionnelles ;

Mesdames et messieurs les employeurs ;

Honorables invités en vos rangs, titres et grades respectifs ;

Chers camarades travailleuses et travailleurs salariés et indépendants.

Nous voici encore rassemblés une fois de plus au Boulevard du 20 mai, à Yaoundé, capitale de notre cher et beau pays le Cameroun, pour célébrer comme à l’accoutumée, la 140e édition de la fête internationale du travail dont le thème retenu cette année est le suivant : DIALOGUE SOCIAL ET TRAVAIL DECENT, FACTEUR DE PAIX, DE COHESION NATIONALE ET DE DEVELOPEMENT ECONOMIQUE DE L’ENTREPRISE.

C’est pour moi un grand honneur de prendre ici la parole aux noms des travailleurs du Cameroun, en ma qualité de président confédéral de la Confédération des Syndicats Autonome du Cameroun (CSAC), pour dire ce que pensent les travailleuses et travailleurs du Cameroun de l’environnement socio-professionnel du Cameroun et leurs aspirations.

Le  dialogue social et le travail décent sont des outils que l’OIT met à la disposition de caque pays pour garantir la paix, la cohésion sociale et le développement économique des entreprises pour assurer le bien etre des travailleurs.

Depuis de nombreuses années, beaucoup a été dit par mes prédécesseurs sur cette même tribune en matière de conditions de travail dans notre pays. La liste non exhaustive des réclamations et aspirations est la suivante :

  • La réforme du code de travail en vigueur vieux de 34 ans ;
  • La promotion d’un dialogue social tripartite véritable et permanent ;
  • L’amélioration des salaires et des conditions de travail tant du secteur public que privé ;
  • La révision des SMIG dérisoires et discriminatoires, notamment celui  des travailleurs du secteur agricole ; 
  • L’accès garanti à la sécurité sociale et à la protection sociale en cas de maladie ou de perte d’emploi.
  • L’aboutissement du projet de loi sur la réforme de la sécurité sociale qui permet de donner un caractère légal à la couverture santé universelle(CSU) ;
  • L’harmonisation du calcul de la pension retraite gérée par la CNPS, conformément à la loi instituant un système de pension par répartition ;
  • L’absence des décrets d’extension soumettant tous les employeurs à l’application des conventions collectives dûment signées ;
  • La lutte contre le chômage des jeunes et des femmes ; 
  • L’institutionnalisation de la  transition de l’économie informelle à l’économie formelle, avec un système de protection sociale universelle
  • L’absence de la loi sur les syndicats ;
  • Et aujourd’hui le caractère non tripartite du comité national de mise en œuvre de la Zone de Libre Echange Continentale Africaine (ZLECAf), qui doit prendre en compte la partie travailleurs, et cela s’ajoute le refus catégorique par certains employeurs d’organiser les élections des délégués du personnel relevant pourtant d’un caractère obligatoire. 

Monsieur le Ministre,

OU EN SOMMES-NOUS AUJOURD’HUI ?

Chers camarades travailleuses et travailleurs,

Pouvons-nous allègrement dire que nous avons été entendus et écoutés ?

Quel bilan pouvons-nous dresser de la réponse du gouvernement à toutes ces réclamations et aspirations des travailleurs ?

Nous notons la création depuis l’année 2014, du  comité du COMITE DE CONCERTATION ET DE SUIVI DU DIALOGUE SOCIAL logée au Ministère du travail et de la sécurité sociale. QUEL EN EST LE BILAN ? POUVONS-NOUS EN ETRE AUJOURD’HUI FIERS ?

Monsieur le Ministre,

Si en 44 ans de discours des portes paroles des travailleurs, ceux-ci restent sans résultat concret à leurs préoccupations, serait-il encore important de continuer le même exercice, d’écrire des dizaines de pages de messages légitimes  pour perdre du temps ?

Chers camarades,

NOUS DISONS NON, NON, et NON !

Les travailleurs et les populations du Cameroun ont positivement et dans la résilience accompagné le régime en place tout en honorant la patrie à travers leurs actes de citoyenneté, refusant de respecter les différents mots d’ordre de grèves, boycott, et autres, tendant à mettre à mal l’action gouvernementale et à perturber la marche de l’état. Mais, pour quelle contrepartie ?

Nous sommes passés du mandat de grandes ambitions à celui des grandes opportunités, des grandes opportunités à celui des grandes réalisations, et maintenant des grandes réalisations à celui de l’Esperance! Pour quelle fin           ?

Chers camarades qu’en avons-nous tirés pour l’amélioration de nos conditions de vie et de travail ?

Monsieur le Ministre,

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT, SON EXCELLENCE MONSIEUR PAUL BIYA, PERE DE LA NATION, NNOM NGUI, a dit lors de son discours de prestation de serment le 06 novembre 2025, à l’issue des élections présidentielles d’octobre 2025 le déclarant vainqueur, je cite : « JE VOUS AI COMPRIS» fin de citation.

Monsieur le Ministre,

Nous vous prions de bien vouloir lui transmettre fidèlement et poliment le message de lassitude des travailleurs et des populations demeurés en attente de réalisation de promesses d’amélioration des conditions de vie, et de création d’emplois, restées des discours creux et sans réalisation concrètes.

Monsieur le Ministre,

Les masses laborieuses et les populations ont besoin d’actions concrètes concernant les routes, les hôpitaux,  des écoles, du travail pour tous afin de nourrir et occuper nos enfants pour préserver ainsi leurs vies et l’avenir du Cameroun en les prémunissant  de cette maladie de quête d’eldorado occidental, qui leur ôte la vie de diverses façons, brisant les rêves et espoirs non seulement de leurs familles respectives mais aussi de la nation toute entière.

Monsieur le Ministre,

Chers camarades,

Nous constatons pour le regretter que le thème de cette année n’est pas nouveau et tourne autour du même pot que les années précédentes. L’administration du travail et de la sécurité sociale elle-même se rend complice de l’asservissement des travailleurs et du non-respect par certains employeurs véreux de la législation du travail au mépris du préambule même de la constitution du Cameroun et la loi N° 92/007 du 14 AOUT 1992 en son article 2 qui stipule je cite : « Le travail est reconnu à chaque citoyen comme un droit fondamental. L’Etat doit tout mettre en œuvre pour l’aider à trouver un emploi et à le conserver lorsqu’il l’a obtenu ». 

A titre d’illustration, nous déplorons l’attitude de la société SOMIYA implantée à MFOU  à l’instar de la délégation départementale du travail et de la sécurité sociale de MFOU dans le département de la Mefou et Afamba, champion de l’application de la législation nationale du travail dont les conditions de travail sont encore atypiques. 

Monsieur le Ministre,

Enfin Monsieur le Ministre, notre présent plaidoyer, nous souhaitons une véritable et totale remise en question des administrations publiques et parapubliques dans le rendu des services dus aux populations par l’Etat. 

C’est sur cette note d’espoir que nous souhaitons à chaque travailleuse et à chaque travailleur du Cameroun, tout secteur confondu, une bonne et agréable 140ème édition de la fête internationale du travail 01er mai 2026.

Vive les travailleuses et travailleurs du Cameroun !

Vive le mouvement syndical !

Vive la coopération syndicale !

Vive le Cameroun juste et prospère !

Je vous remercie de votre aimable attention.

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