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EDUCATION

ÉTABLISSEMENTS SCOLAIRES PRIVÉS : Ce que prévoit la loi sur la publicité

À l’approche de la rentrée, les établissements scolaires privés intensifient leur communication pour conquérir les effectifs. Mais qu’en dit la loi ?

 À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027, la concurrence s’intensifie entre les établissements privés. Affiches, banderoles, publications sur les réseaux sociaux et autres supports promotionnels se multiplient pour attirer l’attention des parents. Derrière cette offensive se dessine un enjeu majeur : remplir les salles de classe et consolider les effectifs.

Dans ce secteur, la communication n’est plus un simple outil d’information. Elle devient un véritable instrument de positionnement. Les établissements mettent en avant leurs résultats aux examens, leurs infrastructures, leurs filières, leurs équipements, leurs méthodes pédagogiques ou encore les perspectives offertes aux apprenants. Autant d’arguments destinés à se différencier dans un environnement éducatif où les familles disposent de plusieurs possibilités. Cette course à la visibilité n’est toutefois pas sans limites.

Au Cameroun, la publicité en faveur des établissements scolaires et des institutions universitaires est autorisée, mais elle reste encadrée par la loi n°2006/018 du 29 décembre 2006 régissant la publicité.

L’article 40, alinéa 3, prévoit notamment que les responsables des établissements scolaires peuvent procéder à leur promotion, tout en respectant des restrictions spécifiques. Celles-ci concernent notamment la forme et le volume des messages publicitaires, les arguments utilisés pour attirer les élèves ou étudiants, les médias autorisés ainsi que les lieux d’exposition des supports. Cette disposition prend tout son sens à l’heure où certains messages promotionnels peuvent s’apparenter à de véritables arguments commerciaux.

Taux de réussite, promesses d’excellence, qualité des infrastructures, reconnaissance des formations ou perspectives professionnelles : les informations mises en avant doivent pouvoir être justifiées. Le risque est en effet de voir la recherche d’effectifs prendre le dessus sur l’obligation de transparence. Une communication trop agressive ou fondée sur des informations erronées peut influencer le choix des familles et fragiliser la crédibilité de l’établissement concerné.

Pour les promoteurs, l’enjeu est donc de conjuguer attractivité et conformité. La qualité d’une campagne ne se mesure plus seulement à sa capacité à attirer des candidats, mais aussi à la fiabilité des informations communiquées. Dans un secteur où le choix d’une école représente un investissement financier et éducatif important pour les familles, la communication engage directement la responsabilité de ceux qui la portent.

La loi prévoit d’ailleurs des sanctions en cas de violation des restrictions applicables à la publicité des établissements. L’article 63, alinéas 1 et 2, prévoit notamment une amende pouvant atteindre un million de francs CFA pour le propriétaire d’un établissement en infraction.

À l’approche de la rentrée 2026-2027, la bataille des effectifs est donc aussi une bataille de crédibilité. Pour les établissements privés, communiquer efficacement est devenu un avantage concurrentiel. Le faire dans le respect des règles pourrait désormais constituer un véritable marqueur de professionnalisme.

Jean Pierre Bineli

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