
Après deux jours d’épreuves, la session de septembre 2026 s’achève ce mercredi 23 septembre avec les mises en situation professionnelle. Dans les centres d’examens du Mfoundi et de Yaoundé les candidats sont évalués sur leur capacité à transformer les acquis de formation en compétences directement mobilisables dans l’exercice d’un métier.
La pression retombe dans les Centres de formation professionnelle. Après les épreuves du mardi 22 septembre, les candidats passent ce mercredi 23 septembre à la phase pratique. Une étape qui permet de vérifier, au-delà des connaissances, la capacité à appliquer les gestes, méthodes et savoir-faire enseignés pendant la formation.
À Yaoundé, plus de 1 200 candidats prennent part à cette session. Ils font partie des milliers de postulants enregistrés pour les examens de septembre. Derrière ces effectifs se joue un enjeu plus large : la capacité des formations professionnelles à déboucher sur des compétences valorisables sur le marché du travail.
Au Centre de Formation Professionnelle de la Croix-Rouge (Cfp-Crc), 16 candidats sont inscrits. Ils se répartissent entre trois spécialités : 13 en Auxiliaire de vie, 2 en Massothérapie et 1 en Assistance dentaire. Trois absences sont enregistrées, dont 2 en Auxiliaire de vie et une en Assistance dentaire.
Les examens y sont supervisés par M. Ngono Alfred Armand, responsable des examens au Minefop. Il relève une évolution dans les choix des candidats. « Par rapport aux années antérieures, on a remarqué, lorsque nous faisons le travail de préparation, que la filière Auxiliaire de vie a pris un véritable boost cette année », constate-t-il.

À Vocational Training Institute Intelligentsia Corporation, le Dr Donfack, Chef d’établissement, insiste sur la dimension pratique des compétences attendues. À propos de l’auxiliaire de vie, filière la plus sollicitée dans son établissement, elle rappelle notamment que certaines tâches nécessitent une maîtrise concrète des gestes de base : « La surinfection de cette plaie diabétique, là, tu dois pouvoir faire un pansement basique, tu dois pouvoir faire la même chose que l’aide-soignant fait. » Une exigence qui renvoie à la nécessité de former des profils capables d’intervenir concrètement auprès des personnes accompagnées, tout en respectant les limites de leur fonction.
Dans cet établissement, 14 candidats sont attendus et les 14 sont présents, selon Mme Assomo Koko, Chargée de mission. « Les candidats sont assidus, respectueux », souligne-t-elle. Le matériel nécessaire aux épreuves pratiques est également disponible. Parmi les spécialités évaluées figure l’Auxiliaire de vie, qui compte 8 candidats et constitue la filière la plus sollicitée dans cet établissement.
Pour M. Menga Marius, Responsable académique au sein du Vocational Training Institute Intelligentsia Corporation, cette évolution traduit un intérêt croissant pour certaines qualifications. « Depuis que nous avons lancé cette formation, il y a trois ans, je pense que c’est vraiment un métier à en devenir parce que, de plus en plus, on a des candidats qui s’intéressent à ça », observe-t-il.
Dans le même centre, Marie-Louise Balogo, Candidate en Auxiliaire de vie, porte le regard des apprenants sur la fin de session. « L’examen était bien. Nous avons eu le sentiment de bien acquérir les connaissances que nous avons eues durant toute notre formation pratique et théorique », témoigne-t-elle. Un retour qui met en avant l’articulation entre apprentissages théoriques et compétences pratiques, au cœur de l’évaluation professionnelle.
À l’Institut de formation professionnelle bilingue pour la promotion de l’excellence académique, leadership et entrepreneuriat (Ifp Leaders Corporation), la session constitue une première. L’établissement participe pour la première fois aux examens des Certificat et Diplome de qualification professionnelle (Cqp et Dqp). Deux spécialités sont concernées : Communication et Marketing digital, ainsi qu’Assistance de direction.

Selon Mme Inès Tchou, responsable du Centre d’examen, « les examens se passent bien dans l’ensemble. Une absence est toutefois enregistrée en communication et marketing digital. Le candidat concerné avait abandonné sa formation en cours d’année après le dépôt de son dossier. »
La deuxième journée est consacrée notamment aux situations professionnelles. Cette phase confronte les connaissances acquises aux exigences concrètes des métiers préparés. Pour les établissements comme pour les pouvoirs publics, l’enjeu dépasse ainsi la seule organisation des examens : il s’agit de faire de la qualification professionnelle un véritable levier d’accès à l’activité.

Chez les candidats, la fin des épreuves laisse place au soulagement. À la Croix-Rouge, une candidate en Massothérapie, qui souhaite rester anonyme, résume son expérience : « C’était stressant ». Elle se dit toutefois soulagée d’avoir terminé ce mercredi 23 septembre des examens qui constituaient une « priorité » pour elle.
Avec plus de 1 200 candidats à Yaoundé et des milliers de postulants à l’échelle de la session, la formation professionnelle confirme l’importance de la demande de qualification. La prochaine étape sera celle des résultats, mais surtout de la valorisation de ces compétences : insertion, accès à l’emploi, activité indépendante ou poursuite du parcours professionnel. Pour ces candidats, le véritable test commence désormais au-delà des centres d’examen.
Jean Pierre Bineli




