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Médailles d’honneur de travail : « Mes descentes sont gratuites et non négociables » 

Le Ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, met en garde contre les pratiques d’extorsion entourant ses déplacements lors des remises de médailles d’honneur du travail.

C’est une mise au point ferme et sans ambiguïté que vient de faire Grégoire Owona à l’endroit des Chefs d’entreprises et de certains acteurs administratifs. Dans une publication rendue publique sur sa page Facebook, le membre du gouvernement a tenu à dénoncer des pratiques jugées déviantes dans l’organisation de ses descentes sur le terrain à l’occasion des cérémonies de remise de médailles d’honneur du travail. «Aux chefs d’entreprises, je rappelle que mes descentes dans vos structures à l’occasion des remises de médailles d’honneur du travail sont entièrement gratuites et non négociables par les services. Elles ne dépendent que de ma disponibilité et de mon planning », peut-on lire sur sa page Facebook.

Cette sortie intervient dans un contexte où plusieurs dirigeants d’entreprises dénoncent, de manière récurrente, des sollicitations financières indues attribuées à certains intermédiaires ou responsables administratifs. Ces derniers promettraient de faciliter la présence du Ministre lors des cérémonies officielles, contre des contreparties financières. Une situation qui, selon des sources concordantes dans le milieu patronal camerounais, contribue à ternir l’image de l’administration du travail et à fragiliser la confiance entre pouvoirs publics et opérateurs économiques. Les médailles d’honneur du travail, instituées pour récompenser l’ancienneté et le mérite des Travailleurs, constituent pourtant un moment fort de reconnaissance sociale au sein des entreprises.

Encadrées par les services du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, ces distinctions s’inscrivent dans une politique plus large de valorisation du capital humain, conformément aux conventions internationales de l’Organisation internationale du travail (Oit) auxquelles le Cameroun fait partie. En rappelant le caractère gratuit et non négociable de ses descentes, le Ministre entend ainsi restaurer l’orthodoxie administrative et mettre fin à toute forme de marchandisation de l’action publique.« Elles ne dépendent que de ma disponibilité et de mon planning », insiste-t-il, soulignant que sa présence relève exclusivement de critères institutionnels et organisationnels.

Cette prise de position s’inscrit également dans une dynamique plus globale de moralisation de la vie publique et de lutte contre la corruption, régulièrement prônée par les autorités camerounaises. Elle interpelle, en creux, les services déconcentrés et les relais administratifs appelés à plus de rigueur, de transparence et d’éthique dans l’exercice de leurs missions.

Pour de nombreux observateurs, cette sortie pourrait marquer un tournant, à condition qu’elle soit suivie de mesures concrètes pour identifier et sanctionner les auteurs de ces pratiques. En attendant, le message du Ministre est limpide et s’adresse autant aux entreprises qu’aux agents publics, dans un contexte où la crédibilité de l’action administrative reste un enjeu majeur.

Ange Pouamoun

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