
Les syndicats du secteur de la santé lancent un mot d’ordre de grève nationale pour dénoncer des revendications restées sans réponse.
La grogne gagne les formations sanitaires publiques où le Syndicat national des Personnels médico-sanitaires du Cameroun et le Syndicat national des Personnels des établissements du secteur de la santé, annoncent un arrêt de travail dès le 4 mai 2026 à 8 heures. Le ton est donné dans leur déclaration commune« Trop c’est trop », une formule qui traduit l’exaspération d’un Personnel confronté à de multiples difficultés professionnelles et sociales.
Parmi les points de crispation figure le recrutement de 9 944 Personnels précaires promis lors du discours présidentiel du 31 décembre 2024. Les syndicats dénoncent un blocage persistant ; « le recrutement annoncé… est bloqué », une situation qui prolonge la précarité dans les hôpitaux publics. Cette revendication intervient alors que le Cameroun fait face à un déficit en ressources humaines de santé, un défi régulièrement souligné par l’Organisation mondiale de la santé (Oms) qui insiste sur la nécessité de renforcer les effectifs pour améliorer l’accès aux soins.
Les responsables syndicaux pointent un déficit de concertation avec le ministère de la Santé Publique (Minsanté) du Cameroun. Ils évoquent la « non tenue des sessions de dialogue social » et rappellent que « les négociations du 16 avril 2026 n’ayant pas abouti, la grève recommencera ». La révision de la convention collective des hôpitaux publics de première catégorie reste également en suspens depuis 2023, accentuant le malaise au sein des Personnels.
Des frustrations multiples
Le préavis met en lumière une accumulation de revendications. Les syndicats dénoncent le retard dans le paiement des salaires, la non reconstitution des carrières des anciens temporaires ainsi que des licenciements jugés abusifs dans certaines structures hospitalières. Ils relèvent aussi la marginalisation de certains corps professionnels ( « non prise en compte du corps des Infirmiers et Techniciens médico sanitaires dans le recrutement des 920 Personnels »), pourtant essentiels au fonctionnement du système de santé.
Au-delà des revendications corporatistes, cette mobilisation révèle les fragilités du système hospitalier camerounais. Les difficultés liées à la gouvernance, au financement et à la gestion des ressources humaines pèsent sur la qualité des soins. Les syndicats dénoncent également le non-respect de certaines dispositions réglementaires, notamment l’arrêté de 2017 sur la prise en charge du Personnel malade.
En déclenchant ce mouvement, les organisations entendent contraindre les pouvoirs publics à agir rapidement. L’impact d’une telle grève pourrait se faire sentir dans plusieurs formations sanitaires du pays, avec des répercussions directes sur la prise en charge des patients, si aucune solution n’est trouvée dans les prochains jours.
Ange Pouamoun




