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CLIMAT ET EMPLOI : le nouveau marché des compétences vertes au Cameroun

 Ce 6 août à Yaoundé, le MINEPDED a présenté les nouveaux outils de gouvernance climatique du Cameroun, porteurs de nouvelles opportunités pour les compétences et l’économie verte.

Le climat ne relève plus uniquement de la protection de l’environnement. Il devient progressivement un enjeu de gouvernance économique, capable d’influencer les investissements, les politiques publiques et l’évolution du marché du travail. C’est l’un des enseignements de l’atelier organisé le 6 août à Yaoundé par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la Nature et du Développement durable (Minepded), consacré à la présentation de plusieurs documents stratégiques sur l’action climatique du Cameroun.

Le Plan national climat, la Contribution déterminée au niveau national (Cdn 3.0), le Premier Rapport biennal sur la transparence et la Quatrième Communication nationale (Btr1/qcn), ainsi que l’Inventaire national des gaz à effet de serre constituent désormais des instruments de pilotage. Au-delà du suivi des engagements climatiques du pays, ces outils visent à intégrer les risques environnementaux dans les décisions publiques, les projets économiques et les stratégies d’investissement.

Cette nouvelle gouvernance climatique entraîne également une transformation des besoins en ressources humaines. Agriculture, énergie, infrastructures, industrie ou gestion des déchets sont appelés à évoluer pour répondre aux exigences d’une économie plus résiliente. Cette mutation fait émerger de nouveaux profils : spécialistes des énergies renouvelables, experts en gestion environnementale, professionnels de l’économie circulaire, conseillers en adaptation agricole ou responsables des questions environnementales dans les entreprises.

Pour Paul Tchawa, secrétaire général du Minepded, le climat doit désormais être placé au cœur des choix de développement. « Nous devons veiller à ce que notre développement soit propre et durable. Si l’on ne prend pas en compte le climat dans l’agriculture, l’eau, l’énergie, la santé ou les infrastructures, on s’expose inévitablement à l’échec », a-t-il déclaré.

Cette orientation pose un défi majeur : celui de la préparation des compétences. Les universités, centres de formation et entreprises devront adapter leurs programmes aux nouveaux besoins liés à la transition écologique. Pour les jeunes diplômés, les métiers verts pourraient constituer un nouveau bassin d’opportunités, à condition d’anticiper les évolutions du marché.

Cette transformation repose également sur une meilleure compréhension des causes du changement climatique. Le ministre de l’Environnement, Pierre Hélé, rappelle que le phénomène est aujourd’hui lié aux activités humaines. « Au départ, on croyait que c’était un phénomène naturel. Avec le temps, nous avons compris que ce sont les activités humaines qui augmentent la chaleur dans le monde », a-t-il expliqué.

Au-delà de la dimension environnementale, la gouvernance climatique devient ainsi un outil de compétitivité et d’attractivité. Une meilleure production des données climatiques, une planification plus efficace des investissements et une plus grande transparence peuvent renforcer la confiance des partenaires techniques et financiers, tout en accompagnant l’émergence de nouveaux secteurs d’activité.

À l’approche de la COP31, l’enjeu pour le Cameroun est donc double : renforcer sa résilience face aux changements climatiques et préparer les compétences capables de porter cette nouvelle économie. La transition climatique pourrait ainsi devenir un levier d’employabilité, mais aussi un marqueur de la modernisation économique du pays.

Jean Pierre Bineli

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