
A l’occasion de la 11ème édition du Salon international de la jeunesse à Yaoundé, l’Unicef a misé sur l’information et la prévention pour renforcer la protection et l’autonomie des adolescentes.
Le Salon international des jeunes s’est achevé, mais les messages portés par l’Unicef durant la manifestation restent au cœur des enjeux qui concernent les adolescentes. À travers le projet HPV (Human Papilloma Virus) + Phase 2, le Réseau Camerounais pour l’Autonomisation des Femes et des Filles (RECAFF) , avec l’appui technique et financier de l’Unicef et du Minjec , a profité de cette mobilisation pour rapprocher les jeunes de plusieurs sujets liés à leur santé, leur protection et leur autonomisation. « Nous sommes là dans le cadre du projet HPV+ phase 2. À cette occasion, nous profitons de la mobilisation et de la sensibilisation des jeunes adolescents, filles comme garçons », explique Julienne Claire Endong, encadreuse impliquée dans le dispositif.

Le HPV comme porte d’entrée
Le papillomavirus humain (HPV) constitue l’un des principaux sujets abordés. La sensibilisation porte notamment sur la vaccination des enfants de 9 à 14 ans, filles comme garçons, mais aussi sur les comportements susceptibles de réduire les risques d’infection. « Nous passons des messages pour attirer l’attention d’un grand nombre à adopter des comportements sains », souligne Julienne Claire Endong. Pour elle, l’enjeu est de faire comprendre aux jeunes que la prévention commence aussi par les comportements et la connaissance des risques.
La sensibilisation s’est ainsi étendue aux infections sexuellement transmissibles et au VIH, avec notamment des messages sur l’importance de la protection dans les relations sexuelles. « Nous sensibilisons sur l’utilisation du préservatif, parce que lorsqu’on entretient des relations sexuelles non protégées, on s’expose au risque de contracter le HPV », précise-t-elle.
L’encadreuse évoque également les risques liés à certaines pratiques sexuelles, dans une démarche destinée à permettre aux adolescents de mieux comprendre les voies d’exposition au virus et les moyens de prévention.
Des échanges directs avec les jeunes
Au-delà des messages délivrés, le dispositif s’est appuyé sur des échanges directs. « Depuis le lundi, nous avons eu à entretenir la jeunesse, nous avons fait des focus groupes ici, des causeries éducatives, avec les jeunes qu’on a pu mobiliser », rapporte Julienne Claire Endong. Ces espaces ont permis d’élargir les discussions à d’autres préoccupations. Les violences basées sur le genre, l’hygiène menstruelle et le leadership féminin ont également été intégrés aux échanges. « Nous avons aussi des adolescentes filles, dans le leadership, l’hygiène mensuelle, les violences basées sur le genre, le HPV même aussi », ajoute-t-elle.
Cette approche permet de ne pas isoler la question du HPV du reste des réalités vécues par les adolescentes. Santé, protection et leadership sont abordés dans un même espace de dialogue, avec l’objectif de donner aux jeunes filles des informations utiles pour mieux comprendre leur environnement et prendre des décisions éclairées.

De la protection à l’autonomie
C’est dans cette articulation que se dessine la dimension professionnelle de l’initiative. Une adolescente mieux informée sur sa santé, capable d’identifier les violences, de connaître les moyens de prévention et de développer son leadership dispose aussi de ressources pour construire progressivement son autonomie. Le déploiement de l’Unicef au Salon international de la Jeunesse aura ainsi permis de faire de la prévention un outil qui dépasse la seule protection sanitaire. Les échanges autour du HPV, des IST et du VIH se sont accompagnés d’un travail sur les VBG, l’hygiène menstruelle et le leadership féminin.

Pour Julienne Claire Endong, l’enjeu est précisément de « sensibiliser au maximum ». Une ambition qui prend une portée particulière lorsqu’elle concerne les adolescentes : mieux les informer aujourd’hui, c’est aussi leur donner davantage de moyens pour se protéger, s’affirmer et construire demain leur place dans le monde professionnel.
Jean Pierre Bineli



