
À Douala, les Acteurs de la chaîne douanière ont été sensibilisés à un nouveau mécanisme électronique de collecte des droits sur les terminaux numériques. Une réforme qui vise à restaurer les recettes publiques tout en structurant durablement le marché.
Dans une salle attentive et acquise à la cause, les Professionnels de la chaîne douanière ont découvert les contours d’un dispositif appelé à transformer leurs pratiques le 19 mars dernier à Douala. Au cœur des échanges, un système électronique de collecte des droits et taxes sur les téléphones, tablettes et autres terminaux numériques, désormais opérationnel. Portée par l’Administration douanière sous l’impulsion du Ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, cette innovation s’inscrit dans une dynamique de modernisation des outils de travail et de sécurisation des flux économiques.
D’entrée de jeu, le Directeur général des Douanes a fixé le cap. Face à l’effritement progressif des recettes, il devenait urgent d’agir. En quelques années, les revenus issus de ce segment ont connu une chute drastique, conséquence d’un environnement marqué par la fraude, la contrebande et des pratiques échappant au contrôle formel. Dans ce contexte, l’introduction d’un mécanisme digitalisé apparaît comme une réponse structurante pour rétablir l’équilibre.
Une mutation des pratiques professionnelles
Au-delà de la dimension fiscale, la réforme impose une reconfiguration des méthodes de travail pour plusieurs corps de métiers. Les Commissionnaires en douane, les Importateurs, les Transitaires ou encore les Distributeurs sont désormais appelés à intégrer de nouveaux réflexes. La traçabilité des appareils devient un impératif, tout comme la conformité des procédures déclaratives.
Le système repose sur une interconnexion entre différentes administrations techniques, avec une plateforme permettant le suivi des terminaux depuis leur entrée sur le territoire jusqu’à leur mise en circulation. Pour les Professionnels, cela signifie une montée en compétence sur les outils numériques, mais aussi une responsabilisation accrue dans le traitement des opérations.
Dans cette nouvelle architecture, le paiement électronique occupe une place centrale. Il simplifie les démarches tout en réduisant les marges de manœuvre pour les pratiques informelles. Une évolution qui participe à professionnaliser davantage les métiers liés au commerce des équipements numériques.
Un marché assaini et plus lisible
Autre enjeu majeur, la régulation du marché. Désormais, seuls les terminaux régulièrement déclarés pourront fonctionner sur les réseaux nationaux. Une mesure qui vise à protéger les Consommateurs contre les risques liés à la cybercriminalité, mais aussi à garantir une concurrence plus équitable entre les Acteurs économiques.
Des aménagements ont toutefois été introduits pour éviter toute rupture brutale. Les appareils déjà en circulation bénéficient d’une forme de régularisation, tandis que les téléphones utilisés temporairement par les voyageurs restent exemptés. Ces dispositions traduisent une volonté d’équilibre entre rigueur fiscale et réalité des usages.
Pour les Distributeurs, la réforme implique un rôle renforcé dans la vérification des équipements proposés à la vente. Ils deviennent ainsi des maillons essentiels du dispositif, contribuant à la transparence du marché et à la confiance des Clients.
Au fil des échanges, une tendance s’est dégagée, celle d’une adhésion progressive, nourrie par la clarté des explications et la portée des enjeux. Après Yaoundé, l’étape de Douala confirme que la réforme ne se limite pas à une mesure technique. Elle redéfinit les contours d’un secteur en pleine mutation, où chaque Profession est appelée à s’adapter.
En filigrane, c’est toute une vision du travail qui se dessine ; plus structurée, plus transparente et résolument tournée vers le numérique. Pour les Acteurs de la chaîne douanière, le message est sans équivoque, l’avenir du secteur passe désormais par la maîtrise des outils digitaux et le respect des règles. Une transition qui, au-delà des contraintes, ouvre la voie à un environnement professionnel plus stable et plus crédible.
Nancy Ngo Tjeck

