
Réunis le 22 août 2026 à Douala, des représentants des syndicats affiliés à l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun ont participé à un séminaire destiné à former de futurs formateurs. L’initiative s’inscrit dans la stratégie de renouvellement générationnel engagée par la confédération.
L’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC) engage le renouvellement de ses cadres syndicaux. La confédération a réuni, le 22 août 2026 à Douala, plusieurs représentants de ses syndicats affiliés dans le cadre d’un séminaire consacré à la formation des formateurs. Cette session constitue une première étape d’un chantier visant à préparer une nouvelle génération de responsables appelés à prendre progressivement des responsabilités au sein de l’organisation.

« Nous avons entrepris de rajeunir l’organisation et, dans un temps à venir, les jeunes vont prendre la responsabilité de conduire l’UGTC », a déclaré Isaac Bissala, président de la confédération, à l’ouverture des travaux. Les participants devront à leur tour assurer la formation des membres des syndicats affiliés. « Ce seront des jeunes qui seront chargés de la formation dans les syndicats affiliés à l’UGTC », a-t-il précisé.
Au-delà du renouvellement des responsables, l’UGTC entend renforcer l’autonomie de ses organisations membres. Selon Isaac Bissala, plusieurs syndicats affiliés ont atteint un niveau de maturité qui doit leur permettre de fonctionner avec davantage d’autonomie. « Ils peuvent se former seuls, ils peuvent fonctionner seuls », a-t-il indiqué, rappelant que cette autonomie figure déjà dans les statuts des différentes organisations.

La formation dispensée porte sur plusieurs domaines considérés comme nécessaires à l’exercice de l’activité syndicale. L’économie, les questions sociales et les enjeux politiques figurent notamment parmi les matières à maîtriser. Pour le président de l’UGTC, la connaissance des mécanismes économiques doit notamment permettre aux futurs responsables syndicaux de mieux comprendre les politiques publiques et de dialoguer avec des institutions telles que le Fonds monétaire international (FMI) ou la Banque mondiale.
La dimension pédagogique occupe également une place centrale dans le programme. Valders Ngadjeu II, secrétaire général à la formation professionnelle de l’UGTC, explique que les participants doivent acquérir des compétences en pédagogie et en andragogie, cette dernière étant consacrée à la formation des adultes. La session a porté notamment sur la préparation d’une formation, son déroulement, son suivi et son évaluation.
Pour le responsable, la faiblesse de la formation syndicale constitue un enjeu pour les organisations. Certains adhérents rejoignent en effet les syndicats sans disposer d’une connaissance suffisante de leur fonctionnement, de leurs missions ou des moyens d’action dont ils disposent. Le programme vise ainsi à renforcer les capacités des responsables appelés à transmettre ces connaissances sur le terrain.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par plusieurs dossiers sociaux suivis par l’UGTC. La confédération a notamment participé aux négociations ayant conduit, en novembre 2024, à la signature de la nouvelle convention collective du secteur bancaire, après cinq années de discussions. En janvier 2026, elle a également contesté les résultats officiels des élections des délégués du personnel, qu’elle estimait sous-évalués.

Pour la direction de l’UGTC, ces différentes expériences renforcent la nécessité de disposer de responsables mieux préparés aux enjeux du dialogue social. La formation doit également couvrir des questions liées à la gestion financière et à la gouvernance interne, que la confédération considère comme des domaines nécessitant encore des améliorations dans plusieurs syndicats affiliés.
À travers ce programme, l’UGTC cherche ainsi à organiser la transmission des compétences entre générations et à renforcer les capacités de ses structures de base. Le séminaire de Douala marque le début de cette démarche de renouvellement des cadres syndicaux.
Arthur Mballa



