
Réuni à Yaoundé le 18 mars 2026, le Comité de pilotage de l’Observatoire national de la jeunesse redéfinit son rôle dans le suivi des politiques publiques et accélère l’intégration des jeunes dans les dispositifs de l’État.
Mesurer pour mieux agir. C’est la ligne directrice qui s’impose désormais au cœur du dispositif public en faveur des jeunes. À Yaoundé, la 7ᵉ session du Comité de pilotage de l’Observatoire national de la jeunesse (ONJ) a marqué un tournant dans la manière d’appréhender les politiques publiques dédiées à cette frange stratégique de la population.
Placée sous la présidence du Ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, la rencontre a permis de repositionner l’ONJ comme un outil central d’évaluation et d’orientation. L’ambition affichée est claire, faire de cette instance un repère fiable pour apprécier l’efficacité des actions publiques et ajuster les interventions en faveur de l’insertion socio-professionnelle des jeunes.
Un instrument au cœur de l’action publique

Structure rattachée au ministère en charge de la jeunesse, l’ONJ s’impose progressivement comme un dispositif d’aide à la décision. Collecte de données, analyse des dynamiques d’insertion, suivi des dispositifs publics, l’institution se positionne comme un point de convergence entre les besoins exprimés par les jeunes et les réponses institutionnelles.
Dans cette dynamique, la carte jeune biométrique prend une dimension nouvelle. Pensée comme un levier d’accès aux opportunités publiques, elle est appelée à s’inscrire dans les mécanismes d’inclusion financière et d’identification des bénéficiaires. Sa généralisation pourrait structurer l’accès aux programmes étatiques et améliorer la traçabilité des actions menées.
Le Minjec a insisté sur la nécessité d’une appropriation plus large de cet outil par les administrations et partenaires, appelant à une intégration systématique de la dimension jeunesse dans les politiques sectorielles.
Des avancées mesurables mais des défis persistants
Le bilan présenté par le Secrétaire permanent de l’Onj met en lumière une montée en puissance progressive. Plus de 25 000 jeunes inscrits sur la plateforme numérique ; près de 63 000 référencés et plus de 3 000 cartes biométriques produites, des résultats qui traduisent un début d’ancrage du dispositif.

Mais cette progression reste freinée par des limites structurelles. L’adhésion encore partielle des administrations partenaires et la faible visibilité de la carte jeune biométrique constituent des obstacles à une mise en œuvre optimale. La question de la mobilisation des ressources financières et techniques demeure également centrale.
Pour y répondre, les participants ont mis en avant la nécessité de renforcer les partenariats public-privé et d’élargir l’écosystème autour de la carte jeune biométrique. L’enjeu est de créer un réseau d’acteurs capable de soutenir durablement les ambitions portées par l’Onj.
En filigrane, c’est toute la logique de pilotage des politiques publiques qui évolue, avec une exigence accrue de résultats et de coordination. L’Observatoire s’impose ainsi comme un cadre structurant où se croisent données, décisions et perspectives.
À terme, la capacité de l’ONJ à fédérer les acteurs et à produire une lecture fiable des réalités de terrain pourrait redéfinir en profondeur l’efficacité des politiques d’emploi et d’insertion des jeunes au Cameroun.
Nancy Ngo Tjeck




