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SIARC 2026 : le Made in Cameroon à l’épreuve de la compétitivité

Innovation, compétitivité et valorisation du Made in Cameroon, au cœur des échanges du SIARC 2026.

Dans les allées du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), les objets exposés racontent des histoires, des traditions et des savoir-faire transmis au fil des générations. Mais derrière cette vitrine culturelle se pose une question essentielle : comment permettre aux artisans camerounais de mieux transformer leur talent en opportunités économiques ?

Cette interrogation a occupé une place importante au cours des échanges du SIARC 2026, tenu du 27 juillet au 5 août au Musée national de Yaoundé. Artisans, experts, responsables institutionnels et partenaires du secteur ont évoqué les défis qui limitent encore l’expansion du Made in Cameroon.  Parmi les difficultés relevées figurent la faible visibilité des produits artisanaux, les difficultés d’accès aux marchés, l’insuffisance des financements, mais aussi la nécessité d’améliorer la présentation des produits à travers un meilleur design et un packaging adapté aux exigences commerciales. La maîtrise des outils numériques et la protection des créations figurent également parmi les préoccupations soulevées.

Pour les acteurs du secteur, le potentiel existe, mais il doit désormais être mieux structuré. Car si l’artisanat camerounais séduit par son authenticité et la diversité de ses créations, il peine encore à franchir certains obstacles qui limitent sa compétitivité face aux produits venus d’ailleurs.

Lors de l’ouverture officielle du salon, le 27 juillet, le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a rappelé l’importance de faire de l’artisanat un véritable levier de création de richesses et d’emplois. Pour lui, la modernisation du secteur passe notamment par l’innovation, l’amélioration de la qualité des produits et leur meilleure valorisation.  Cette réflexion s’est poursuivie à travers les différents ateliers organisés pendant le salon. Le 30 juillet, les experts de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) ont notamment insisté sur l’importance de protéger les créations artisanales. Selon eux, la propriété intellectuelle constitue un outil permettant aux artisans de sécuriser leurs œuvres, de lutter contre les imitations et de mieux tirer profit de leur savoir-faire.

Au-delà de la protection des créations, les échanges ont mis en avant plusieurs pistes d’amélioration : renforcer les capacités des artisans en matière de marketing et de commercialisation, développer l’usage du numérique, améliorer le conditionnement des produits et favoriser les rencontres entre artisans, investisseurs et acheteurs. À travers ces différentes contributions, le SIARC 2026 rappelle que l’avenir de l’artisanat camerounais ne repose pas uniquement sur la préservation des traditions. Il dépend aussi de la capacité des acteurs à innover, à s’adapter aux exigences du marché et à faire du savoir-faire local une véritable force économique.

Jean Pierre Bineli

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