
Ils ont terminé leurs formations, validé leurs examens et parfois soutenu leurs mémoires. Pourtant, pour certains étudiants camerounais, une dernière étape retarde l’entrée dans la vie professionnelle : l’obtention du diplôme. Ce parchemin, qui matérialise la reconnaissance officielle des compétences acquises, reste parfois difficile à obtenir dans les délais attendus.
La situation de la diplomation dans les établissements d’enseignement supérieur a été examinée par le ministère de l’Enseignement supérieur (Minesup). Au cours de la sixième session de la Commission technique ad hoc chargée de la délivrance des diplômes, tenue à Yaoundé, les responsables ont dressé le bilan de trois années académiques depuis 2022-2023. Les chiffres révèlent que 156 392 diplômes ont été délivrés durant cette période dans l’ensemble des établissements du supérieur. Mais la tendance récente est marquée par un recul. Pour l’année académique 2024-2025, seulement 47 274 diplômes ont été remis, contre 57 341 deux ans auparavant. Une évolution qui interpelle, d’autant que le diplôme constitue souvent une pièce indispensable pour accéder à un emploi, participer à un concours ou poursuivre une formation. Pour certains jeunes diplômés, l’attente du parchemin devient ainsi un obstacle supplémentaire dans un marché de l’emploi déjà exigeant. La situation varie cependant selon les établissements. Les universités d’État de Yaoundé I, Douala, Bamenda et Bertoua affichent un meilleur niveau de délivrance des diplômes. À l’opposé, aucune diplomation n’a été enregistrée dans les universités de Buea, Garoua et Ngaoundéré sur la période examinée.
Dans les établissements technologiques et professionnels, la baisse est également visible. En 2024-2025, 5 977 diplômes ont été délivrés, contre 15 814 deux ans plus tôt. Certaines grandes écoles n’ont pas engagé le processus de diplomation, notamment l’École supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic) et l’Institut des relations internationales du Cameroun (Iric). Les autres diplômes nationaux relevant directement du Minesup connaissent aussi une diminution, passant de 32 500 en 2024 à 27 000 en 2025.
Face à cette situation, le ministère entend renforcer le respect des procédures et harmoniser les pratiques entre établissements. La question des maquettes de diplômes, parfois différentes pour des formations similaires, a également été soulevée. Au-delà des statistiques, l’enjeu reste celui des étudiants dont le parcours académique est achevé mais dont la reconnaissance officielle tarde à arriver. Car derrière chaque diplôme attendu, c’est souvent une insertion professionnelle ou un nouveau projet qui reste en suspens.
JP.B



