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SACII 2026 : l’immigration à l’épreuve du capital humain

Au lendemain de l’ouverture de la 4ᵉ édition du Salon Afrique-Canada Immigration et Investissement, les échanges de Yaoundé mettent en lumière un enjeu central : transformer la mobilité des talents en compétences, en investissements et en opportunités économiques.

La première journée du Salon Afrique-Canada Immigration et Investissement (Sacii) 2026 place le capital humain au cœur des échanges. À Yaoundé, entrepreneurs, investisseurs, jeunes, professionnels, candidats à l’immigration et partenaires canadiens confrontent leurs attentes autour de la mobilité des compétences, de l’investissement et de l’innovation.

À l’ouverture, Adams Daniel Oyono, Secrétaire général du ministère de l’Éducation de base, replace le sujet dans la stratégie nationale de développement. « Le thème de ce Salon nous invite à convertir les expertises en solutions adaptées, concrètes et durables », souligne-t-il. Cette orientation rejoint la Snd30, qui fait du capital humain un facteur clé du développement du Cameroun

L’enjeu dépasse ainsi la seule possibilité de partir. Il porte sur la capacité à valoriser une formation, une expérience professionnelle, une expertise ou un projet entrepreneurial dans un nouvel environnement, tout en maintenant des connexions économiques avec le pays d’origine.

Sécuriser le projet migratoire

La question de l’information occupe une place centrale dans cette équation. Marie-Claude Harvey, Haut-commissaire du Canada au Cameroun, insiste sur la nécessité d’orienter les candidats vers les voies officielles et de mieux préparer leurs projets. « Personne ne peut garantir l’obtention du visa », rappelle-t-elle.

Le message rejoint directement la notion d’« immigration sûre » portée par le thème de cette édition. Pour les candidats, une mobilité professionnelle ne commence donc pas à l’arrivée au Canada. Elle se prépare en amont : connaissance des procédures, adéquation du profil avec les besoins, anticipation de l’insertion et maîtrise des conditions du projet.

Cette préparation constitue également un enjeu économique. Une mobilité mieux organisée peut favoriser l’acquisition de compétences, l’élargissement des réseaux professionnels et l’accès à de nouveaux marchés.

La diaspora comme capital économique

Le Sacii cherche parallèlement à faire de la mobilité un vecteur d’affaires. Marie-Claude Harvey souligne que le salon permet de « mettre en contact ceux qui ont des projets avec des investisseurs et acheteurs canadiens ». L’investissement et la diaspora deviennent ainsi deux prolongements naturels de la mobilité. Les compétences acquises au Canada, les réseaux constitués et les capitaux mobilisés peuvent servir à créer ou développer des activités au Cameroun. Cette logique rejoint la vision défendue par le Pr Honoré Ouantchi, Président du comité d’organisation du Sacii 2026 : « Les objectifs de l’immigration c’est d’aller et de revenir. »

Le résultat se mesure après les rencontres

Après cette première journée, le véritable enjeu se situe désormais dans la transformation des contacts en opportunités concrètes. Contrats, investissements, emplois, partenariats, formations, transferts de compétences ou projets entrepreneuriaux constituent les résultats attendus de ces rencontres.

Le Sacii 2026 place ainsi la mobilité internationale dans une perspective plus large : celle d’une circulation des talents, des savoir-faire et des capitaux entre le Cameroun et le Canada. Sa portée professionnelle se mesurera surtout à la capacité des participants à transformer les échanges de Yaoundé en projets durables.

Jean Pierre Bineli

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