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Recensement du Personnel du Minesec

Des dysfonctionnements révélés et plein de curiosités

Présentée au départ comme une simple opération administrative, la vaste campagne de recensement physique et biométrique du Personnel du ministère des Enseignements secondaires (Minesec) est en train de produire des résultats explosifs.

L’initiative trouve son origine dans la volonté du gouvernement de poursuivre l’assainissement du fichier solde et des effectifs de l’État. Dans une correspondance adressée aux responsables déconcentrés en février 2026, la Ministre des Enseignements secondaires a ordonné un recensement physique et biométrique de l’ensemble des Personnels relevant de son département ministériel. L’objectif affiché était clair : disposer d’une base de données fiable, sécurisée et actualisée des Enseignants et Personnels administratifs du secondaire. Au-delà de la simple mise à jour des effectifs, cette opération s’inscrit dans un vaste chantier de modernisation administrative et de lutte contre les irrégularités qui grèvent les finances publiques.

Une opération d’envergure nationale

Pour atteindre cet objectif, le Minesec a déployé des équipes sur l’ensemble du territoire national entre mars et avril 2026. Les Personnels ont été invités à s’enregistrer sur une plateforme dédiée avant de se présenter physiquement pour l’identification biométrique. Face à l’affluence et aux difficultés rencontrées par certains agents, les délais ont même été prolongés à plusieurs reprises. Les Chefs d’établissements ont également été mis à contribution afin de fournir des listes nominatives détaillées de leurs personnels, permettant ainsi de croiser les données administratives avec la présence effective sur le terrain.

Les premières découvertes sèment le trouble

Mais ce qui devait être une formalité administrative s’est rapidement transformé en véritable audit du système éducatif. Premier constat : plus de 3 400 enseignants identifiés comme ayant quitté le territoire national ont été sommés de justifier leur situation administrative sous peine d’être retirés du fichier solde de l’État. Les données ayant permis leur identification proviennent notamment de recoupements effectués avec les informations des plateformes aéroportuaires et des services compétents.

Plus spectaculaire encore, la ministre a récemment révélé le cas de 1 205 Enseignants déclarés morts par leurs responsables hiérarchiques lors de l’opération de recensement alors qu’ils seraient bel et bien vivants. Une anomalie qui soulève de sérieuses interrogations sur la qualité du suivi administratif dans certains établissements et services déconcentrés. Au total, plus de 16 000 Personnels ont été invités à se présenter devant les services compétents du ministère pour clarifier diverses situations administratives jugées irrégulières ou ambiguës.

Les curiosités qui interpellent

Plusieurs situations étonnantes émergent des premiers résultats. Comment des agents déclarés décédés ont-ils pu continuer à être identifiés dans les effectifs ? Comment certains Personnels ont-ils pu séjourner durablement à l’étranger sans que leur situation administrative ne soit clairement établie ? Pourquoi les mécanismes de contrôle interne n’ont-ils pas permis de détecter plus tôt certaines anomalies ? Ces interrogations mettent en lumière les limites d’un système longtemps caractérisé par une faible interconnexion des bases de données administratives et une dépendance excessive aux déclarations manuelles.

Ce que ce recensement augure

Au-delà des chiffres, le recensement biométrique du Minesec pourrait constituer un tournant dans la gestion des ressources humaines de l’administration camerounaise. Les résultats attendus devraient permettre d’assainir davantage le fichier solde, de mieux répartir les effectifs enseignants sur le territoire et de réduire les risques de paiements indus. Ils pourraient également servir de modèle à d’autres administrations confrontées aux mêmes défis de fiabilité des données et de contrôle des effectifs.

Pour de nombreux observateurs, cette opération ne fait probablement que révéler la partie visible d’un problème plus profond. À mesure que les vérifications se poursuivent, d’autres irrégularités pourraient encore émerger. Une certitude demeure : le recensement biométrique du Minesec est devenu bien plus qu’un simple exercice statistique. Il s’impose désormais comme un instrument de vérité sur l’état réel du personnel enseignant du secondaire au Cameroun.

B.M.

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