
Au terme de son bilan 2023-2026, le Casemca veut davantage capitaliser sur les acquis, les expériences et l’expertise de ses membres pour les transformer en actions concrètes.
La formation prend une autre dimension lorsqu’elle continue de produire des effets bien après le cursus. Au sein du Collectif des anciens des séminaires catholiques du Cameroun (CASEMCA), cette conviction s’installe au cœur des perspectives. Réunis en assemblée générale spéciale, les membres examinent leur bilan avant de se projeter vers de nouvelles actions, avec une préoccupation : comment transformer les acquis de la formation et l’expérience accumulée en réponses concrètes aux enjeux de la société ?
Le rapport d’activités couvrant la période 2023-2026, présenté par le Président du Casemca, le Professeur Pius Ondoa Olinga est adopté à l’unanimité, après quelques corrections. Mais l’essentiel de la rencontre se joue dans les perspectives ouvertes après ce bilan. « Que comptons-nous faire après ce que nous avons fait ? Que devons-nous faire ? Que pouvons-nous faire ? » L’interrogation résume la volonté de ne pas enfermer l’organisation dans une logique de bilan, mais de faire de l’expérience acquise un point d’appui pour la suite.

Des acquis à la pratique
L’une des pistes avancées consiste à rapprocher davantage les valeurs et les enseignements reçus de leur mise en pratique. L’enjeu est de donner une traduction concrète à ce qui a été appris au cours de la formation. « […] nous pouvons mettre en pratique ce que nous avons étudié, ce que nous avons annoncé, ce que nous avons professé », souligne l’un des intervenants. Cette approche rejoint une problématique centrale du monde professionnel : la capacité à transformer les connaissances en compétences opérationnelles. Avec le temps, les parcours des anciens leur ont permis d’acquérir des expériences dans différents domaines. Le défi consiste désormais à mieux les mobiliser.
Un vivier d’expertise à exploiter
La réflexion porte notamment sur la capacité du collectif à faire de ses membres une force de proposition sur certaines questions de société. « Les membres du Casemca disposent d’ailleurs, en son sein, de beaucoup d’expertise », relève l’intervention consacrée aux perspectives. Cette expertise pourrait être davantage valorisée à travers la publication, la production intellectuelle et le partage de connaissances. L’objectif est de faire circuler les savoirs issus des différents parcours et de permettre aux compétences individuelles de produire une valeur collective. Pour les jeunes générations, cette logique ouvre également la voie à la transmission d’expériences. Les anciens peuvent partager leurs parcours, leurs connaissances et leurs enseignements avec ceux qui sont encore en formation ou au début de leur vie professionnelle.

Six priorités pour structurer l’action
Cette nouvelle orientation se décline autour de six priorités : la fraternité et la solidarité ; la spiritualité et l’intériorité ; l’ancrage ecclésial et le déploiement territorial ; l’éthique, la paix et la cohésion sociale ; l’action sociale en faveur des plus vulnérables ; enfin, l’héritage, la publication et la production intellectuelle. Ce dernier axe constitue particulièrement un espace de valorisation des compétences. Il s’agit de ne pas laisser l’expertise accumulée rester individuelle, mais de la capitaliser, la documenter et la transmettre. L’intervention insiste d’ailleurs sur la nécessité de mesurer les effets des actions engagées : « Une action n’ayant de sens que si ses effets vertueux sont palpables sur des publics visés. »
Le Casemca veut ainsi inscrire l’après-formation dans une dynamique de transmission et d’action. Une manière de rappeler qu’une formation prend toute sa valeur lorsque les connaissances acquises deviennent des compétences, que l’expérience devient expertise et que l’expertise devient utile aux autres.
Jean Pierre Bineli



