
Cinq présumés auteurs de tortures et complices de violences sur des employés du supermarché Sino Mart ont été présentés à la presse le 8 mai 2026 à Yaoundé, après des faits révélés par une vidéo virale.
La capitale camerounaise a été le centre d’une affaire judiciaire très médiatisée avec la présentation publique de cinq présumés auteurs impliqués dans des actes de torture au sein du supermarché Sino Mart, situé au marché Elig-Edzoa. Selon les explications du Lieutenant-colonel Jean Alain Ndongo, la procédure a été enclenchée après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant un employé violemment fouetté. « Cette vidéo nous a interpellés directement. Nous avons immédiatement déployé nos équipes sur le terrain », a-t-il déclaré devant la presse.

Les enquêtes ont conduit à l’interpellation de cinq personnes, parmi lesquelles trois responsables de nationalité chinoise, un interprète tchadien et un militaire chargé de la sécurité du site. Les investigations ont révélé que les faits s’étaient déroulés à l’intérieur même de la structure commerciale, où des sanctions physiques auraient été infligées à des employés soupçonnés de vol. « Ils ont décidé de résoudre leurs différends en interne par des actes de bastonnade au lieu de recourir aux instances judiciaires », a précisé le commandement de la gendarmerie. Le militaire en charge de la sécurité est accusé d’avoir exécuté les ordres des responsables de l’entreprise, en échange d’une rémunération. Il est également poursuivi pour violation de consigne. Des témoignages recueillis auprès d’anciens travailleurs évoquent un climat de peur. Un ex-employé affirme que « à Sino Mart, on vit dans la peur permanente. Ceux qui ont été torturés ne sont plus là. » Il ajoute avoir lui-même subi des violences après avoir contesté ces méthodes. « J’ai été brutalisé par un Chinois parce que j’ai osé dire non », confie-t-il. Ces déclarations rejoignent les éléments de l’enquête qui font état de plusieurs cas similaires enregistrés entre avril et mai 2026.

Enquête numérique et poursuites judiciaires en cours
Les enquêteurs ont saisi les téléphones des suspects afin d’analyser d’éventuelles preuves numériques. Les autorités cherchent notamment à déterminer si les vidéos de violences étaient diffusées de manière organisée. « Les téléphones ont été confiés à des experts en cybercriminalité pour exploitation », a indiqué le Lieutenant-colonel Ndongo. Les faits retenus incluent torture, non-assistance à personne en danger et violation de consigne. L’affaire a éclaté après la diffusion le 2 mai 2026 d’une vidéo montrant un employé violemment frappé dans le supermarché Sino Mart à Yaoundé. Alertés, les éléments du Groupement de Gendarmerie Territoriale du Mfoundi ont mené une descente sur les lieux, conduisant à l’interpellation immédiate de plusieurs responsables présents. Un militaire impliqué a été arrêté quelques jours plus tard par la Sécurité Militaire avant d’être remis aux enquêteurs. Les suspects ont ensuite été déférés devant le Tribunal Militaire de Yaoundé pour répondre des faits reprochés.
Ange POUAMOUN




