
Le Président sortant de la Confédération syndicale des Travailleurs du Cameroun (Cstc) vient d’être reconduit le 17 juillet 2026 à Douala, à la faveur d’un sixième congrès ordinaire très couru.
Comme décidé lors du congrès du 25 septembre 2025 et ce conformément aux textes de la plus grande des centrales syndicales camerounaises, les délégués dont la liste a été arrêtée lors de la réunion du Bureau confédéral du 8 mai 2026 viennent de battre le rappel des troupes à Douala. En effet, plus d’une centaine d’entre eux venus des 10 régions du pays, ont activement pris part vendredi 17 juillet dernier, aux travaux du sixième congrès confédéral ordinaire de la Cstc, placé sous le signe de l’unité et de la défense des droits des Travailleurs. Devant ce beau monde, le Président confédéral sortant, Abraham Baboulé, assisté du Président de l’Union générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc), Isaac Bissala, a exhorté les organisations syndicales en général à resserrer les rangs, afin de faire face aux défis qui affectent le monde du travail.
Créée en 1972 sous le nom d’Union nationale des Travailleurs du Cameroun (Untc), devenue Organisation syndicale des Travailleurs du Cameroun (Ostc) en 1985 puis Cstc en 1992, la centrale demeure la plus ancienne et représentative organisation syndicale du pays. Elle est affiliée à l’Organisation de l’Unité Syndicale Africaine et à la Confédération syndicale internationale (Csi). Aux affaires depuis cinq ans, Abraham Baboulé a été à nouveau porté à la tête d’un bureau exécutif dont la composition sera connue prochainement.
Face à la presse, le Président réélu a insisté sur la cohésion du mouvement syndical. « Nous sommes en perpétuelle lutte pour la défense des intérêts des Travailleurs. Et si on n’est pas uni, il n’y aura pas de victoire », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « si votre frère tombe, vous vous arrêtez, vous le relevez pour pouvoir le secourir et avancer ensemble ».
Interrogé sur une éventuelle atmosphère morose au sein de la centrale, il a rétorqué que « les syndicats sont comme toute autre organisation » et qu’il n’existait, selon lui, « pas de morosité au sein de la Cstc ». Il a ensuite énuméré les dossiers jugés prioritaires, citant « la précarité des jeunes », des travailleurs qui « ne touchent même pas 20 000 FCFA » et des Employés « pas classés conformément à leur qualification ». Il a évoqué également le cas des « intérimaires à vie » et des retraités affiliés à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), « qui attendent de nous pour qu’on puisse revoir leurs pensions ».
Le Président confédéral a par ailleurs affirmé son attachement au renouvellement générationnel, indiquant que « nous ne sommes pas des syndicalistes à vie » et que la centrale prépare la relève parmi les jeunes qui s’associent à ses structures.
Autre intervenant du congrès, Isaac Bissala, Président de l‘Union générale des Travailleurs du Cameroun (Ugtc), a rappelé que « la Cstc et l’Ugtc ont enclenché au Cameroun depuis bientôt cinq ans un combat » contre la précarité de l’emploi, notamment via les agences privées de placement qui recrutent des jeunes puis les « jaquettent à la fin du mois ». Il a également dénoncé le recours à des « intérimaires à vie », y compris dans des banques normalement non autorisées à employer du Personnel temporaire, ainsi que la faible application des conventions collectives par les entreprises.

Isaac Bissala a en outre alerté sur la réforme de l’Organisation internationale du travail, à l’origine de la fermeture du bureau régional de Yaoundé, désormais réparti entre Luanda et Kinshasa. Il a exhorté les congressistes à adopter des résolutions fortes, avertissant que « si on détruit la Cstc qui est la locomotive, ça veut dire qu’on a détruit le mouvement syndical camerounais ».
Au terme des travaux, les délégués sont attendus sur l’adoption de résolutions destinées à renforcer l’action de la confédération face aux défis actuels du monde du travail, notamment la précarisation de l’emploi, le respect des conventions collectives, la protection sociale et la défense des droits des salariés. Cette sixième assise apparaît ainsi comme une étape importante dans la redynamisation de l’action syndicale au Cameroun.
Arthur Mballa




