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« J’AI UN DIPLOME, MAIS PAS D’EMPLOI » : quand le choix d’une filière devient un piège

Sans véritable accompagnement au moment de l’orientation, certains jeunes découvrent trop tard les limites professionnelles de leur formation. Un parcours qui peut transformer le rêve universitaire en désillusion.

« Au lycée, normalement, il devrait y avoir des orientations, parce que nous, jeunes, nous fréquentons parfois aveuglément. À un moment donné, nous ne savons pas comment prendre nos décisions. »

Le constat est celui de Eyebe Lionel, diplômé en histoire économique et sociale. À travers son parcours, il alerte sur les conséquences d’un choix de filière effectué sans une véritable connaissance des perspectives professionnelles.

Pour lui, certains jeunes arrivent à l’université sans mesurer les réalités qui les attendent après leur formation. Une situation qui peut conduire à une profonde désillusion une fois le diplôme obtenu.

« Tu arrives à l’université, tu choisis une filière comme histoire. Cette filière, dans l’avenir, elle ne va rien t’apporter. Je dis bien rien », affirme-t-il.

Après plusieurs années d’études, les difficultés apparaissent souvent au moment de l’insertion. Même la poursuite du parcours académique ne garantit pas toujours une ouverture professionnelle.

« Tu atteins même le master 2, tu finis le master 2, on te dit qu’on a bloqué la thèse de doctorat, tu te dis : donc aucune issue », raconte-t-il.

Pour ce diplômé, l’une des principales failles se situe en amont : le manque d’orientation et d’information des jeunes avant leur entrée à l’université. Beaucoup choisissent une discipline sans connaître les compétences qu’elle permet d’acquérir ni les secteurs où elles peuvent être valorisées.

Une situation qui pousse certains diplômés à exercer des activités éloignées de leur formation. « Tu te retrouves à faire des emplois saisonniers, tu deviens sauveteur, tu deviens pousseur, tu commences à raconter au quartier que tu es diplômé », témoigne-t-il.

Au-delà de son expérience personnelle, Eyebe Lionel interroge la finalité même de certaines formations lorsqu’elles ne débouchent pas sur une réelle insertion professionnelle.

« Tu vas arriver avec un dossier quelque part, oui, tu as un master 2 en histoire. Qu’est-ce que tu sais faire ? Les vraies questions, c’est : qu’est-ce que tu sais produire au quotidien ? »

Pour lui, le choix d’une filière ne devrait plus être guidé uniquement par l’obtention d’un diplôme, mais aussi par une réflexion sur les compétences, les métiers accessibles et les réalités du marché de l’emploi.

Son témoignage pose ainsi une question essentielle aux futurs étudiants : avant de choisir une formation universitaire, savent-ils réellement où celle-ci peut les conduire ?

Jean Pierre Bineli

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