
Avec près de 150 000 Pme, Douala veut désormais relever le défi de la croissance et de la pérennité des entreprises.
Créer une entreprise n’est plus le seul indicateur de dynamisme entrepreneurial. À Douala, le nouveau défi consiste désormais à permettre aux PME de grandir, de se structurer et de devenir des acteurs économiques durables. La capitale économique dispose d’un important potentiel entrepreneurial avec près de 150 000 Pme. Mais cette dynamique cache une fragilité : beaucoup d’entreprises ne parviennent pas à franchir les premières années d’activité. Selon Rosine Ekambi Soppo, présidente du Cercle des jeunes dirigeants, 70 % des entreprises créées à Douala disparaissent avant leur cinquième anniversaire.
Face à cette réalité, les acteurs locaux veulent changer d’approche. L’objectif n’est plus seulement d’encourager la création d’entreprises, mais de renforcer leur capacité à durer et à générer davantage de valeur. C’est dans cette perspective que la Communauté urbaine de Douala (Cud) et le Cercle des jeunes dirigeants proposent la mise en place d’un incubateur urbain. La plateforme doit contribuer à bâtir un écosystème entrepreneurial plus structuré, en rapprochant les jeunes porteurs de projets des dirigeants expérimentés, des experts et des investisseurs.
« Nous devons créer davantage d’entreprises, faire que ces entreprises durent plus longtemps et créent beaucoup de valeur. Parce que c’est en créant de la valeur qu’elles créent aussi des emplois », souligne le Maire de la ville de Douala, Dr Roger Mbassa Ndine.
Le futur dispositif ambitionne d’accompagner les Entrepreneurs dans les étapes décisives de leur développement : structuration des projets, amélioration des pratiques de gestion, accès aux financements et ouverture vers de nouveaux réseaux. Il reposera sur trois piliers. Le premier est un guide de l’entrepreneur urbain, destiné à mieux orienter les créateurs d’entreprises. Le deuxième concerne un mécanisme d’incubation et d’accélération pour soutenir les projets innovants. Le troisième s’appuie sur un réseau de ‘business angels’ chargé de mobiliser les investisseurs locaux et la diaspora.
Pour les initiateurs du projet, Douala dispose déjà des ressources humaines et économiques nécessaires. Le défi est désormais de mieux connecter les différents acteurs afin de transformer les initiatives individuelles en entreprises capables de changer d’échelle. « La ville ne manque pas de ressources, elle manque de visibilité », estime Rosine Ekambi Soppo. Une ambition qui traduit un changement de paradigme : à Douala, l’enjeu n’est plus seulement de créer des Pme, mais de faire émerger des entreprises solides, créatrices d’emplois et de richesse.
JPB




