
Réuni le 2 juillet à Yaoundé, le Comité national de lutte contre le travail des enfants a adopté une série de mesures visant à renforcer la prévention, le suivi et l’application des textes de protection des mineurs.
La lutte contre le travail des enfants entre dans une nouvelle phase au Cameroun. Réunis le jeudi 2 juillet 2026 à la salle des conférences du ministère du Travail et de la Sécurité sociale, les membres du Comité national de lutte contre le travail des enfants ont adopté plusieurs résolutions destinées à renforcer l’efficacité des interventions sur le terrain.
Présidée par Grégoire Owona, ministre du Travail et de la Sécurité sociale et président du comité, la session 2026 a permis de dresser le bilan des actions conduites au cours de l’année écoulée, mais surtout de définir les priorités pour les prochains mois. Au terme des travaux, les membres du comité ont mis l’accent sur la prévention, considérée comme l’un des leviers les plus efficaces pour réduire durablement le phénomène. Ils recommandent ainsi le renforcement des activités de sensibilisation à l’endroit des parents, des familles et des communautés afin de mieux distinguer le travail des enfants du travail socialisant, une confusion encore fréquente dans plusieurs localités. Cette approche préventive a trouvé un écho dans les interventions des participants. Pour Hélène Balepa, « il faut laisser les enfants aller à l’école », la lutte contre le travail des enfants passant avant tout par la protection du parcours éducatif des jeunes et la prévention des situations qui les exposent précocement au monde du travail. Les participants ont également insisté sur la nécessité de tirer pleinement profit des enseignements issus de l’évaluation finale du Plan d’action national d’élimination du travail des enfants au Cameroun (PANETEC). Les recommandations formulées dans ce cadre devront être prises en compte dans l’élaboration du prochain plan d’action national afin d’améliorer la coordination, l’efficacité et la durabilité des interventions. L’application des textes existants figure également parmi les priorités retenues. Le comité appelle à une meilleure appropriation de la liste nationale des travaux dangereux interdits aux enfants par les administrations concernées, les partenaires sociaux, les organisations de la société civile ainsi que les collectivités territoriales décentralisées. Pour atteindre cet objectif, des actions de sensibilisation, de formation et de contrôle devront être intensifiées.
Autre orientation majeure : l’amélioration de la production et de l’exploitation des données. Les membres du comité recommandent une large diffusion, en français comme en anglais, du rapport national sur le travail des enfants. Ce document est présenté comme un outil stratégique devant permettre aux décideurs de mieux orienter les politiques publiques et d’assurer un suivi plus rigoureux des progrès réalisés. Dans la même dynamique, le comité a demandé la finalisation des différents outils du système national d’observation et de suivi du travail des enfants. Leur mise en œuvre effective est attendue au plus tard le 31 juillet 2026. L’objectif est de disposer d’informations plus précises sur l’évolution du phénomène et sur les résultats des actions engagées. Les participants ont enfin souligné l’importance d’une culture de résultats dans la conduite des programmes. Ils préconisent une comparaison systématique entre les activités réalisées et les objectifs initialement fixés afin de produire des statistiques plus fiables et de mieux mesurer l’impact des interventions.

À travers ces résolutions, le Comité national de lutte contre le travail des enfants entend renforcer les mécanismes de prévention, de contrôle et de suivi. Une démarche qui traduit la volonté des pouvoirs publics et de leurs partenaires de consolider les acquis et d’accélérer les efforts en faveur de l’élimination progressive du travail des enfants au Cameroun.
JP. Bineli




